Les ambassadeurs des États membres auprès de l'Union européenne (Coreper) et les 14 rapporteurs fictifs du Parlement européen ont décidé, jeudi 22 février, que la future Autorité de lutte contre le blanchiment d’argent, ‘AMLA’, siégerait à Francfort-sur-le-Main (EUROPE 13352/14).
La ville allemande s’est ainsi distinguée parmi les autres candidatures : Rome, Vienne, Vilnius, Riga, Dublin, Madrid, Bruxelles et Paris (EUROPE 13334/22). Avec plus de 400 employés, elle commencera ses activités à la mi-2025.
Cette décision a été prise à la suite d’un vote incluant, pour la première fois, les deux institutions. Francfort a ainsi récolté 28 votes dès le premier tour, contre 16 pour Madrid, 6 pour Paris et 4 pour Rome.
Jeudi matin, le Coreper s’est réuni pour discuter des candidatures et voter. Il s’est prononcé en faveur de Francfort. Dans l'après-midi, les 14 rapporteurs fictifs du PE se sont réunis avant de rencontrer le Conseil. Un vote « secret » a ensuite eu lieu dans la soirée.
Pour la première fois dans l’histoire de l’UE, cette décision ne sera pas prise arbitrairement au Conseil à huis clos. Cette fois, la ville gagnante sera désignée en raison de sa bonne performance dans les critères objectifs, s'est réjouie la corapportrice pour le PE, Eva-Maria Poptcheva (Renew Europe, espagnole) sur X (anciennement Twitter).
« La proximité de Francfort avec le Mécanisme de surveillance unique constitue un avantage unique et permettra à l’AMLA de travailler plus efficacement », a réagi l’eurodéputé Markus Ferber (PPE, allemand) dans un communiqué.
« Le gouvernement fédéral s'est fortement engagé en faveur de Francfort-sur-le-Main comme siège de l'AMLA », a estimé Christian Lindner, le ministre fédéral allemand, sur X. « Nous voulons ainsi renforcer encore la place financière, car la concurrence est devenue plus rude », a-t-il ajouté. (Anne Damiani)