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Bulletin Quotidien Europe N° 13355
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POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

Une nouvelle étude d'ONG juge l'exploration gazière future dans la région arctique en Norvège inutile

Une nouvelle étude, titrée « On thin ice : les ambitions fossiles de la Norvège et l'avenir vert de l'UE », publiée par les ONG Zero Carbon Analytics, WWF Norvège, Oil Change International, Transport & Environment et Greenpeace le 21 février, analyse que, dans trois scénarios différents de demande future de gaz de l'UE, la poursuite de l’exploration gazière en Norvège dans la région arctique n’est pas nécessaire, puisqu’il y a un risque d’offre excédentaire.

La Norvège est le principal fournisseur de gaz d’origine fossile dans l’UE et, selon l’étude, le gouvernement norvégien « a régulièrement affirmé qu'il devait accroître sa production de pétrole et de gaz fossile afin de répondre à la demande de l'UE », en particulier dans le cadre de l'abandon progressif de l'utilisation des combustibles fossiles russes. 

Vulnérabilité de la région arctique 

Depuis 2010, le pays a distribué 141 licences d'exploration dans la partie arctique de la mer de Barents. Toutefois, l'UE a précédemment exprimé ses inquiétudes quant à la poursuite de l'expansion des activités pétrolières et gazières dans les régions arctiques.

Invité à s’exprimer sur le contenu de l’étude lors d’un événement au Parlement européen, le 21 février, le député Michael Bloss (Verts/ALE, allemand) a expliqué que « si nous voulons rester fidèles à l'accord de Paris et à l'objectif de 1,5 degré, il ne peut y avoir nulle part (…) de nouvelle exploration pétrolière et gazière. La Norvège s'est également engagée à respecter l'accord de Paris, elle doit donc être fidèle à cet objectif ».

Sirpa Pietikäinen (PPE, finlandaise), quant à elle, a mis en garde contre la perte de biodiversité occasionnée par la production de gaz, de pétrole et l’exploration minière en eaux profondes dans une région arctique « spécifiquement vulnérable ».

Une fin des importations de gaz norvégien possible en 2035

Selon l’étude, dans un scénario ‘net zero’ en 2050, la production domestique de l’UE à partir des projets existants et du gaz déjà sous contrat dépassera la demande dans les années 2030, pour atteindre près du double de la demande de gaz d'ici à 2040. Cela signifie que, dans ce scénario, l'UE pourrait mettre fin à toutes les importations de gaz norvégien en 2035, lorsque ses contrats gaziers actuels prendront fin.

« À long terme, les importations de gazoducs et de GNL au-delà de ce qui a déjà été contracté ne seraient nécessaires que dans un scénario où l'UE n'atteindrait pas ses objectifs en matière de climat et n'introduirait pas de nouvelles politiques climatiques », explique l’étude.

Elle indique également que la demande en gaz pour une utilisation en association avec le captage et le stockage du carbone (CSC) afin de produire de l'hydrogène bleu dans l’UE n’est pas justifiée, étant donné que la production d’hydrogène à partir d’énergie renouvelable sera plus compétitive.

Une réduction nécessaire de l'approvisionnement

Niels Fuglsang (S&D, danois) a répété que les nouveaux projets gaziers et pétroliers en Norvège étaient un non-sens et devaient être mis à l'arrêt. Il a également insisté sur la réduction de la demande dans l’UE et en Norvège, mais aussi sur la réduction de l’approvisionnement. « En effet, même si certains d'entre nous essaient de réduire la demande, il se peut que certains pays s'en moquent et qu'il soit toujours possible d'approvisionner ces pays, ce qui n'est pas une bonne façon de procéder d'un point de vue moral », a-t-il expliqué.

Du côté de la Commission, Matthew Baldwin, directeur général adjoint de la DG Énergie, a rappelé que, suite à l’invasion de la Russie en Ukraine, « la Norvège a renforcé sa production pendant la crise, à notre requête », mais que cela n’était en aucun cas un message contradictoire à la réduction souhaitée de gaz à court terme.

Il a également expliqué que, pour l’heure, aucun engagement de la part de la Commission ne serait pris contre l’exploration gazière et la production gazière en général, mais que le débat était bien lancé sur la façon dont l’UE envisage sa sortie des combustibles fossiles.

Pour voir l'étude : https://aeur.eu/f/axm  (Pauline Denys)

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