Ulrich Bindseil, directeur général de l'infrastructure des marchés et paiements à la Banque centrale européenne (BCE), Piero Cipollone, membre du Directoire de la BCE, ainsi que Jürgen Schaaf, conseiller à l'infrastructure des marchés et paiements, ont souhaité désamorcer certaines craintes de parties prenantes du secteur bancaire concernant le risque de désintermédiation bancaire si le projet d’euro numérique se matérialisait, dans une tribune publiée lundi 19 février dans VoxEU, media du Centre de recherche sur les politiques économiques.
Les auteurs de la tribune estiment que les banquiers centraux ont pris ces préoccupations au sérieux et y ont répondu par des choix de conception du projet d'euro numérique (EUROPE 13274/29).
Ils soulignent que le projet d’euro numérique inclut une combinaison de garde-fous pour prévenir notamment ces effets, notamment la limite de détention individuelle ou la non-rémunération des avoirs en euros numériques.
Les utilisateurs pourront relier, pour les paiements en ligne, leur compte en euros numériques à un compte de paiement, supprimant, par un mécanisme de cascade inversée, la nécessité de préfinancer un compte en euros numériques (l'utilisation hors-ligne nécessitera un préfinancement). Enfin, les entreprises ne pourront pas stocker les euros numériques.
Les auteurs soulignent qu'il revient aux banques de proposer des rémunérations et produits attractifs pour conserver les dépôts.
Les auteurs estiment par ailleurs que l'euro numérique ne faciliterait pas forcément les retraits massifs de particuliers en cas de crise concernant une banque, les avoirs en euros numériques étant limités.
Les signataires affirment que certaines études oublient d'intégrer les billets de banque dans leur analyse du montant total de monnaie publique en circulation.
Ils soulignent que le déclin de l'utilisation des billets pour les transactions quotidiennes peut également réduire la demande en billets et, partant, risquer d'atténuer leur attrait en tant que réserve de valeur.
Globalement, les auteurs estiment que le phénomène de numérisation pourrait conduire à « une croissance réelle de la monnaie de banque centrale en circulation plus faible que par le passé, voire à une baisse ».
Lien : https://aeur.eu/f/aws (Émilie Vanderhulst)