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Bulletin Quotidien Europe N° 13353
INSTITUTIONNEL / Pe2024

Ursula von der Leyen brigue un deuxième mandat à la tête de la Commission européenne

Le président de la CDU, Friedrich Merz, a annoncé, lundi 19 février à Berlin, que le parti chrétien-démocrate allemand proposait au 'Parti populaire européen' (PPE) que l'actuelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, soit désignée candidate tête de liste ('Spitzenkandidat') lors du congrès du parti européen, les 6 et 7 mars à Bucarest, en vue des élections européennes de juin.

« Au sein du comité exécutif fédéral de la CDU Allemagne, nous avons proposé à l'unanimité qu'Ursula von der Leyen soit la candidate principale du PPE », a déclaré M. Merz, devant la presse.

Il a loué les succès engrangés par la Commission 'von der Leyen' depuis 2019, notamment sa capacité à garantir l'unité face aux crises multiples traversées, telles que la pandémie de Covid-19 et l'agression militaire russe de l'Ukraine.

En 2019, lorsque la question de présider la Commission européenne s'était posée, « j'avais répondu 'oui' de manière intuitive », tandis qu'aujourd'hui, « je prends une décision très consciente et réfléchie » : « j'aimerais me présenter pour un second mandat », a confirmé Mme von der Leyen. Elle a assuré qu'après cinq années à la tête de l'institution de l'UE,  sa « passion pour l'Europe s'(était) accrue, mais aussi (son) expérience de ce que cette Europe peut accomplir pour ses citoyens ».

Mme von der Leyen a estimé important d'apporter rapidement « une clarification » sur son futur professionnel. À noter qu'elle ne brigue toutefois pas un siège au Parlement européen. Et durant la période qui s'ouvre jusqu'aux élections européennes, elle ne sera pas obligée de prendre congé de la Commission, conformément au code de conduite révisé du Collège des commissaires européens (EUROPE 13335/22). 

Une victoire du PPE aux élections européennes garantirait aux chrétiens-démocrates une place prépondérante au sein du prochain Parlement européen. Mme von der Leyen pourrait ainsi postuler pour un deuxième mandat comme présidente de la Commission européenne pendant cinq années supplémentaires. Il faudrait alors que le Conseil européen propose sa nomination et que la dirigeante politique recueille une majorité sur sa personne au sein du futur Parlement européen.

Être Spitzenkandidat d'un parti européen n'est pas la garantie d'être désignée par les Vingt-sept. En 2019, le 'Spitzenkandidat' du PPE était l'Allemand Manfred Weber. N'étant pas parvenu à un accord sur sa personne dans l'attribution de hautes fonctions européennes, le Conseil européen avait proposé au PE l'ancienne ministre allemande de la Défense (EUROPE 12287/1).

Pour Mme von der Leyen, la priorité numéro un du prochain cycle législatif européen est de « défendre la démocratie et les valeurs » de l'UE. Face aux défis auxquels nous sommes confrontés, il convient de convaincre que l'Europe est en mesure d'apporter de « la sécurité au sens large » aux citoyens, a-t-elle considéré.

Réitérant ses déclarations effectuées lors de la conférence de Munich sur la sécurité, le week-end dernier, elle a confirmé qu'elle souhaitait donner plus d'importance au secteur de la défense en cas de deuxième mandat. Cette compétence serait axée sur le développement de « l'industrie de la défense », avec un commissaire européen responsable de programmes d'investissement et de travaux favorisant l'interopérabilité « en parallèle » de ce que fait l'OTAN. Mais elle n'a pas fait sienne l'idée française de procéder à un emprunt commun européen pour financer des achats conjoints ou la production d'armement.

Mme von der Leyen a, par ailleurs, souligné l'importance de poursuivre la transition des économies des États membres vers les technologies 'zéro émission nette' afin que l'UE soit en mesure de respecter l'objectif de la neutralité climatique à l'horizon 2050. Néanmoins, elle a préconisé un dialogue étroit avec l'industrie, « secteur par secteur », afin de comprendre les besoins spécifiques des entreprises européennes pour accroître à leur fois leur compétitivité et s'engager pour le climat.

« Nous devons atteindre les objectifs en matière de climat avec l'économie », a-t-elle insisté. Et la présidente de la Commission de promettre un soutien à la compétitivité des entreprises, notamment via un allègement de la bureaucratie que favorisera la numérisation.

Interrogés sur le positionnement de la famille chrétienne-démocrate vis-à-vis des conservateurs et de l'extrême droite, qui pourraient gagner en importance sur l'échiquier politique au niveau européen, M. Merz a plusieurs fois répété que la CDU était « le parti de l'Europe en Allemagne ». Il a assuré que son parti se battrait pour combattre l'euroscepticisme et l'europhobie des extrêmes à la fois de gauche et de droite. Pour Mme von der Leyen, il faut montrer ce que l'UE fait pour les gens au quotidien, ce qu'elle apporte en termes de sécurité, de liberté, de défense du modèle d'« économie sociale de marché », de respect de l'État de droit. « Cela n'a pas d'équivalent ailleurs dans le monde », a-t-elle insisté.

À ce titre, la co-Spitzenkandidat du 'Parti vert européen', l'Allemande Terry Reintke, a promis une campagne électorale « musclée ». « La question qui se pose au PPE lors des élections européennes est essentielle: travaillera-t-il à l'avenir avec les forces autoritaires et d'extrême droite qui veulent démanteler la protection du climat, la sécurité sociale et la démocratie en Europe? Ou travailleront-ils avec les forces pro-démocratiques et progressistes pour façonner un avenir sûr, durable et démocratique pour les citoyens européens ? », a-t-elle interrogé, dans un communiqué.

Les intentions de Mme von der Leyen étant clarifiées, il semble peu probable que d'autres personnalités chrétiennes-démocrates se portent candidates pour lui faire concurrence d'ici à mercredi 21 février, date limite pour le dépôt des candidatures.

Le président à la fois du parti PPE et du groupe PPE au Parlement européen, l'Allemand Manfred Weber, a d'ailleurs salué l'annonce de la CDU. « Une Europe forte a besoin d'un leadership fort de la part du PPE et d'Ursula von der Leyen », a-t-il déclaré via X. Il n'avait jamais caché que cette dernière représentait le plan A de sa famille politique pour le poste de la Commission européenne. 

Voir la conférence de presse de Mme von der Leyen et de M. Merz: https://aeur.eu/f/awx  (Mathieu Bion)

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