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Bulletin Quotidien Europe N° 13292
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ACTION EXTÉRIEURE / Mercosur

Accord commercial avec l'UE, la prolongation des négociations inquiète plusieurs représentants du secteur agricole brésilien

Malgré les multiples réunions, ces derniers mois, entre les négociateurs de l'Union européenne et du Mercosur, l'épineuse question de l'instrument additionnel sur les questions environnementales continue de crisper plusieurs pays latino-américains, au point d'en voir certains affirmer leur intention de se retirer de l'accord, si les discussions venaient à s'éterniser (EUROPE 13257/29). Une situation qui provoque des inquiétudes, notamment chez des représentants du secteur agricole brésilien.

« L'Union européenne est un marché extrêmement important pour nous : il représente 17% de nos exportations, ce qui est plus que les États-Unis », a ainsi confié à EUROPE Eduardo Bastos, responsable du comité de développement durable de l'Association brésilienne de l'agroalimentaire (ABAG), en déplacement à Bruxelles à l'occasion d'un cycle de conférences sur l'agriculture durable.

« Cet accord pose beaucoup d'exigences en matière de commerce équitable et d'environnement. C'est le plus spécifique que nous ayons jamais eu », a soutenu son homologue, João Adrien, vice-président de la Société rurale brésilienne (SRB). « Sa mise en œuvre est une occasion majeure de faire de ces exigences un standard pour les futurs accords commerciaux au niveau mondial ».

Ce sont cependant ces normes environnementales qui pourraient faire échouer les négociations : celles-ci ont été qualifiées d'« agressives » par le président brésilien. Des normes certes « nécessaires », mais critiquables dans leur application, pour Eduardo Bastos : « C'est une question de réciprocité : nous pouvons mettre en place une chaîne de traçabilité complète pour nos produits exportés vers l'Union. Cependant, cela signifie que nous devons faire transiter ces produits uniquement par le sud du pays. Cela coûte beaucoup plus cher, ce que les pays européens ne semblent pas prêts à accepter ».

Plusieurs pays de l'Union ont émis des réticences sur l'accord et ses conséquences pour l'Union (EUROPE 12188/3). L'ONG Greenpeace a dénoncé la présence de résidus de pesticides illégaux dans certaines exportations venues du Brésil (EUROPE 13166/23).

La Chine prête à mettre le prix

Aujourd'hui, près de 30% des exportations brésiliennes partent vers la Chine. C'est le principal marché du pays. « L'Asie est un marché en pleine expansion et il est plutôt facile de suivre cette direction », admet M. Bastos. « Même sans la Chine, les pays asiatiques représentent 16% de nos exportations ».

Pour les deux industriels brésiliens, l'échec des négociations autour de l'accord porterait un coup à l'UE sur le plan commercial, mais aussi géopolitique. « Certains pays [du Mercosur] s'orientent déjà vers des plans de secours », selon Eduardo Bastos. Ceux-ci pourraient tout à fait inclure le marché chinois, moins spécifique en termes de normes environnementales, et représenteraient un revers pour l'Union.

« Nous avons absolument besoin d'un accord équilibré et qui prenne en compte toutes les conjonctures », martèle João Adrien. « Sinon, nous risquons de subir un revers politique très important ». Pour autant, il craint de ne pas voir l'accord aboutir avant la fin de l'année. (Isalia Stieffatre)

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