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Bulletin Quotidien Europe N° 13292
Invasion Russe de l'Ukraine / Ukraine

Josep Borrell appelle les États membres de l’UE à renforcer leur soutien militaire

Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a réitéré, mardi 14 novembre, l’urgence d’augmenter le soutien militaire à l’Ukraine. Plus tôt dans la journée, il avait annoncé que l’UE et ses États membres avaient consacré 27 milliards d’euros au soutien militaire à l’Ukraine.

« Nous faisons beaucoup, mais tout le monde est d’accord : il faut faire plus et plus vite. Le temps ne se mesure pas seulement en destruction, mais aussi en perte de vies humaines », a-t-il rappelé à l’issue du Conseil de la Défense, soulignant que l’accompagnement de l’Ukraine devait être conçu sur le long terme.

Devant les médias, M. Borrell a fait le point sur la mise en œuvre de la promesse européenne de fournir un million de munitions et obus à l’Ukraine en douze mois, soit jusqu’à fin mars 2024.

« L'objectif d’un million est l'objectif politique que nous nous sommes fixé avec les États membres. C’est ambitieux, mais cela reste notre objectif », a prévenu M. Borrell alors qu’à son arrivée au Conseil, le ministre allemand Boris Pistorius avait prévenu que « le million ne (serait) pas atteint ». « La question de savoir si un million n’a jamais été réaliste serait en fait la bonne. Il y a eu des voix qui ont dit 'attention, un million, c'est facile à décider'. L'argent est là, mais la production doit être là. Ces voix d'avertissement ont malheureusement raison aujourd'hui », avait-il souligné.

M. Borrell a fait un point sur les chiffres, rappelant que, dans le cadre du premier volet de l’Action de soutien à la production de munitions (ASAP), les armées européennes avaient fourni, de leurs stocks, 300 000 munitions et obus. Il a ajouté que, dans le cadre du 2e volet d’ASAP, qui porte sur des passations de marchés communs des États membres, via l’Agence européenne de défense ou des ‘nations-cadre’, au moins 180 000 munitions ont été commandées.

Un haut fonctionnaire européen a précisé qu’au-delà de ces chiffres, il fallait ajouter les commandes et les livraisons qui peuvent bénéficier d’un remboursement de la 'Facilité européenne pour la Paix' et celles qui sont faites sans demande de remboursement.

De plus, selon M. Borrell et le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton, la capacité de production est là. Le commissaire a expliqué que la capacité de production européenne avait augmenté de 20 à 30% depuis février. « Nous tiendrons donc l’objectif d’avoir augmenté notre capacité de production de munitions, qui est d’au moins un million d’obus et missiles », a-t-il ajouté, estimant qu’il appartenait aux États membres de passer commande et de vérifier que la production sur leur territoire soit orientée en priorité sur l’Ukraine.

« L'industrie européenne de la défense exporte beaucoup. Environ 40% de la production est exportée vers des pays tiers, ce n'est donc pas un manque de capacités de production. (…) Ce que nous devons faire, c'est peut-être essayer de transférer cette production vers la priorité (numéro) un, à savoir les Ukrainiens », a ajouté M. Borrell.

À leur arrivée au Conseil, plusieurs ministres s’étaient engagés à poursuivre la fourniture de munitions à l’Ukraine. « Nous ferons le maximum pour livrer les obus (shells), les Ukrainiens en ont besoin », a promis l’Estonien Hanno Pevkur, estimant que l’UE ne pouvait pas dire qu’elle ne peut pas produire d’obus quand la Russie en produit « plus que jamais » et en reçoit de la Corée du Nord qui en produit aussi.

« Nous avons désespérément besoin de munitions, nous devons donc faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous assurer qu'elles soient disponibles le plus rapidement possible et dans la plus grande quantité possible et, en même temps, nous devons surtout penser à la capacité de l'Ukraine (de continuer la guerre) », a expliqué la ministre néerlandaise, Kajsa Ollongren.

Interrogé sur les avancées dans les discussions sur sa proposition d’un volet ‘Ukraine’ dans la 'Facilité européenne pour la Paix' de 20 milliards d’euros sur quatre ans, M. Borrell a précisé que les négociations se faisaient dans le cadre des discussions budgétaires. « Les ministres de la Défense ne sont pas réticents, mais il faut une enveloppe globale », a-t-il expliqué alors que la Commission a également proposé une Facilité de 50 milliards d’euros.

Le Haut Représentant a en outre souhaité l’adoption de la 8e tranche de la 'Facilité européenne pour la Paix' de 500 millions d'euros à destination de l’Ukraine, bloquée par la Hongrie. La veille, la ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, avait précisé ne pas comprendre « l’obstruction continue d’un État membre », qu’elle avait qualifiée de « non justifiée ». (Camille-Cerise Gessant)

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