Les chefs d’État ou de gouvernement des États membres de l’UE ont appelé le Kosovo et la Serbie, vendredi 27 octobre, à « poursuivre leurs efforts » pour tenter d'endiguer les tensions entre les deux pays. Déjà vives, ces tensions ont franchi un nouveau palier le 24 septembre, lorsqu’un policier kosovar a été tué par un groupe d’hommes armés serbes (EUROPE 13278/40).
« L'Union européenne espère que les auteurs seront appréhendés et rapidement traduits en justice et que la Serbie coopérera pleinement et prendra toutes les mesures nécessaires à cet égard », insistent les dirigeants des Vingt-sept.
Se disant « profondément préoccupés par la situation dans le nord du Kosovo », les chefs d’État ou de gouvernement mettent également en garde : « L'absence de réduction des tensions aura des conséquences ».
Par ailleurs, les conclusions des dirigeants regrettent aussi que « les deux parties n’aient pas mis en œuvre l'accord sur la voie de la normalisation et son annexe relative à la mise en œuvre ainsi que d'autres accords conclus dans le cadre du dialogue facilité par l’UE ».
Cet accord de normalisation, que les Vingt-sept souhaitent voir être mis en œuvre « sans délai ni condition préalable », comprend notamment la création de l’association des municipalités à majorité serbes au Kosovo. Cette question, qui faisait déjà partie de l’accord de Bruxelles signé en 2013 par Belgrade et Pristina, est une des priorités du président serbe, Aleksandar Vučić.
Pour tenter de progresser sur cette question, une nouvelle proposition de solution avait été faite au Premier ministre kosovar, Albin Kurti, et à M. Vučić, jeudi 26 octobre, en marge du Conseil européen, par le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, le Président français, Emmanuel Macron, le Chancelier allemand, Olaf Scholz, et la Présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni. Le Président serbe avait rejeté l’idée (EUROPE 13280/3).
« Malheureusement, les parties n'étaient pas prêtes à s'entendre sur ce point sans condition préalable inacceptable pour l'autre partie », avait déclaré M. Borrell.
Cette nouvelle proposition est la deuxième à être retoquée par les parties prenantes en moins de deux mois. Un autre document avait été présenté aux deux dirigeants des Balkans le 14 septembre dernier, à Bruxelles, par Josep Borrell. Cette fois, c’est Albin Kurti qui avait tourné le dos à la solution proposée (EUROPE 13251/4).
« L’association des municipalités serbes est un élément important, mais n’est pas le seul », a insisté le Président du Conseil européen, Charles Michel, à l’issue de la seconde journée de réunion des dirigeants européens.
« Afin de progresser rapidement dans la mise en œuvre, nous appelons le Kosovo à lancer la procédure de création de l'Association des municipalités à majorité serbe au Kosovo, comme le prévoit le projet de statut, et la Serbie à procéder à une reconnaissance de facto », ont pour leur part commenté, dans une déclaration conjointe, MM. Macron, Scholz, Borrell et Mme. Meloni.
« Les formalités, y compris celles liées à l'adoption, ne devraient pas faire obstacle à la réalisation de progrès dans ce domaine », ont-ils ajouté.
Par ailleurs, les Vingt-sept rappellent également que, pour endiguer les tensions entre les deux pays, de nouvelles élections devraient être organisées dans le nord du Kosovo « dès que possible, avec la participation active des Serbes du Kosovo » (EUROPE 13230/19).
« Maintenant, il faut mettre en œuvre ces points, pour garantir un avenir aux populations du Kosovo et de la Serbie. Tous deux veulent rejoindre l’UE », a conclu Olaf Scholz.
Voir les conclusions : https://aeur.eu/f/9b0 (Thomas Mangin)