Les chefs d'État ou de gouvernement des pays de l'Union européenne ont échangé sur la compétitivité européenne et la sécurité économique, vendredi 27 octobre.
Sans apporter de grands changements aux projets de conclusions qui avaient circulé en amont du sommet, les États membres ont réitéré l'importance pour l'UE d'adapter sa politique économique et le fonctionnement de son marché unique pour faire face aux nouvelles conjonctures mondiales.
En amont de cette discussion, la Première minisre estonienne, Kaja Kallas, a déclaré que l'Union devait s'attacher à protéger ses infrastructures critiques, nécessaires à son bon fonctionnement technique et économique, tout en « capitalisant sur [nos] points forts, en retenant les gens qui innovent » et en baissant la « charge bureaucratique » qui pèse sur les entreprises.
Concentrer les efforts de l'UE dans des domaines stratégiques
Les Vingt-sept se sont donc accordés pour continuer sur le chemin déjà engagé. Le Président du Conseil européen, Charles Michel, a ainsi exprimé la détermination des États membres à « renforcer la compétitivité européenne, pas seulement à court terme mais à long terme », en développant les investissements économiques « afin de mobiliser des moyens et de stimuler (...) la confiance des entreprises ».
Pour la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, l'important est que l'UE se « concentre sur des domaines où elle s'illustre déjà », comme sa politique énergétique.
Les conséquences de l'Inflation Reduction Act américain en Europe (EUROPE 13227/8) ont également été mentionnées par les États membres. « Nous devons rester vigilants sur son impact », a affirmé Mme von der Leyen. Elle a rappelé d'autres risques qui pèsent sur l'Union, tels que certaines pratiques commerciales chinoises. « L'avantage que possèdent les industries des technologies propres en Europe ne doit cependant pas nous distraire des pratiques déloyales, par exemple venues de Chine », a-t-elle argumenté.
Faire avancer le processus législatif
Dans les conclusions publiées à l'issue du sommet, le Conseil européen souligne l'importance pour l'Union de continuer le travail pour « développer l'avantage concurrentiel de l'UE dans les technologies numériques et propres », ainsi que « diversifier les chaînes d'approvisionnement et réduire les dépendances critiques à travers des partenariats stratégiques ».
Du reste, les chefs d'État ou de gouvernement appellent le législateur de l'UE à accélérer le travail sur l'acte pour une industrie 'zéro émission nette' (NZIA) (EUROPE 13279/13) et l'acte sur les matières premières critiques (CRMA). L'acte NZIA n'a pas encore fait l'objet d'une décision au Conseil, mais l'acte CRMA est entré dans la phase des négociations interinstitutionnelles avec le Parlement européen (EUROPE 13250/17).
Voir les conclusions du Conseil européen : https://aeur.eu/f/9au (Isalia Stieffatre, avec la rédaction)