Les dirigeants européens ont discuté de la situation en Ukraine, vendredi 27 octobre. Une occasion de montrer que malgré les multiples crises mondiales, ils n’oublient pas ce pays candidat à l'adhésion à l'Union européenne et faisant face à une agression militaire de la Russie.
« Le soutien à l’Ukraine est une priorité pour nous et le restera », a assuré le président du Conseil européen, Charles Michel, à l’issue de la rencontre.
« L'Union européenne continuera d'apporter un soutien financier, économique, humanitaire, militaire et diplomatique fort à l'Ukraine et à son peuple, aussi longtemps qu'il le faudra », soulignent les dirigeants dans les conclusions qu’ils ont adoptées. Ils mettent notamment l’accent sur le soutien militaire. « Il a été question d'un soutien armé à court terme - il y a un besoin critique en ce moment - mais aussi, à plus long terme, d'un renforcement de l'industrie européenne de l'armement et des munitions », a précisé le Premier ministre finlandais, Petteri Orpo.
Cependant, la Hongrie et la Slovaquie ont des réserves sur l’aide militaire à l’Ukraine. Budapest bloque toujours la 8e tranche de la 'Facilité européenne pour la Paix' (EUROPE 13277/5). Le nouveau Premier ministre slovaque, Robert Fico, a prévenu que son gouvernement n'accepterait pas d'aide militaire en Ukraine et, dans le même temps, exigerait une analyse très rigoureuse de toute sanction de l'UE visant la Russie susceptible de nuire à la République slovaque.
Dans ses conclusions, le Conseil européen appelle cependant à renforcer les sanctions. « La capacité de la Russie à mener sa guerre d'agression doit être encore affaiblie, notamment en renforçant les sanctions, en les mettant en œuvre pleinement et efficacement et en empêchant qu'elles soient contournées, en particulier pour les biens à haut risque, en étroite coopération avec les partenaires et alliés », prévient-il.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a confirmé que l'institution de l'UE prépare le 12e paquet de sanctions par le biais de consultations actuellement menées avec les États membres. « Nous étudions notamment les moyens de réduire les recettes que la Russie tire des exportations de diamants vers l'Europe et ses partenaires », a-t-elle annoncé, ajoutant que cela se ferait en étroite collaboration avec les partenaires du G7.
Les dirigeants appellent en outre à avancer sur l’utilisation des avoirs russes gelés. Selon M. Michel, « il y a une volonté partagée de faire un pas en avant décisif sur le sujet ».
« Des progrès décisifs doivent être accomplis, en coordination avec les partenaires, sur la manière dont les recettes extraordinaires détenues par des entités privées et provenant directement des actifs immobilisés de la Russie pourraient être affectées au soutien de l'Ukraine, à son redressement et à sa reconstruction, dans le respect des obligations contractuelles applicables et conformément au droit international et de l'UE », explique le Conseil européen. Ce dernier invite le Haut Représentant de l’UE et la Commission à accélérer les travaux en vue de présenter des propositions législatives spécifiques.
D'après Mme von der Leyen, la Commission travaille sur une proposition qui se concentrera dans un premier temps sur les bénéfices exceptionnels ('windfalls profits') que génèrent les avoirs russes gelés. « En d'autres termes, nous présenterons une proposition visant à trouver un moyen d'utiliser les produits de ces actifs qui profitent actuellement à un nombre limité d'institutions financières dans l'Union européenne. Ces bénéfices exceptionnels sont déjà très importants. L'idée est de les mettre en commun et de les faire transiter par le budget de l'UE 'en bloc' vers l'Ukraine et pour la reconstruction de l'Ukraine », a-t-elle détaillé.
Au total, l’UE a immobilisé 211 milliards d’euros d’actifs souverains russes.
Par ailleurs, interrogée sur la rencontre entre M. Orbán et le président russe, Vladimir Poutine, Mme von der Leyen a précisé que le message général des dirigeants était que, si, « en général, un dirigeant est souverain et libre de choisir ses interlocuteurs », « ce dont l’UE a besoin, c’est une coordination étroite et de la transparence, si le contenu de la discussion affecte l'UE et l'unité de l'UE ».
Voir les conclusions : https://aeur.eu/f/9b0 (Camille-Cerise Gessant avec la rédaction)