L’organisation Greenpeace reproche à la Banque centrale européenne (BCE) de n'avoir pas tenu ses promesses de verdissement de son portefeuille d'obligations d’entreprises, avec une étude publiée mercredi 26 juillet avec l'Université SOAS de Londres, l'Université de Greenwich et l'Université d'Angleterre de l'Ouest.
Selon l’ONG, environ 23% de l'encours des obligations vertes achetées par la BCE dans le cadre de ses réinvestissements concerne des entreprises liées aux énergies fossiles. Dix obligations supplémentaires ont été achetées à d'autres entreprises intensives en carbone.
L’étude contient des pistes pour accélérer, par une gestion active, la décarbonation du portefeuille.
Selon Kuba Gogolewski, organisateur de campagne pour les questions financières chez Greenpeace, « (...) sans un changement rapide de stratégie, il y aura toujours des obligations TotalEnergies et BP dans le portefeuille d'obligations d'entreprises de la BCE en 2040 ». L’ONG remet aussi en question la qualité 'verte' de certaines obligations vertes.
Greenpeace regrette également l’impact des dernières décisions du Conseil des gouverneurs resserrant le portefeuille de la BCE (EUROPE 13202/6) sur le mécanisme d'achat favorisant les obligations d’entreprises présentant une meilleure performance environnementale (tilting mechanism).
La présidente, Christine Lagarde, avait évoqué en mai à Francfort (EUROPE 13175/9) ou encore au Parlement européen (EUROPE 13194/16) la nécessité d’une réflexion pour compenser ce mécanisme, dès lors que la BCE cesse, en juillet, les réinvestissements dans le cadre de son programme d’achat d’actifs.
Plus d'informations : https://aeur.eu/f/886 (Émilie Vanderhulst)