Dans une déclaration publiée mercredi 26 juillet, le Haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a condamné les exemplaires du Coran brûlés en Suède et au Danemark.
Il a rejeté « fermement » toute forme d’incitation à la haine et appelé au respect de toutes les communautés religieuses. « La profanation du Coran ou de tout autre livre considéré comme sacré est offensante, irrespectueuse et constitue une provocation évidente. Les expressions de racisme, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée n'ont pas leur place dans l'Union européenne », a-t-il insisté.
Autodafés en Suède et Danemark
En effet, fin juin, et lors du premier jour de l’Aïd al-Adha, un réfugié irakien en Suède a brûlé des pages du Coran devant une mosquée à Stockholm. La semaine dernière, il a organisé un rassemblement devant l’ambassade d’Irak où il en a piétiné un nouvel exemplaire.
Au Danemark, le parti d’extrême droite Danske Patrioter multiplie, ces derniers jours, les rassemblements devant les ambassades de pays musulmans en brûlant des pages d’un livre ressemblant au Coran et piétinant des drapeaux.
« Ces actes commis par des provocateurs individuels ne profitent qu'à ceux qui veulent nous diviser et diviser nos sociétés », a martelé M. Borrell dans sa déclaration.
Une crise diplomatique
Ces évènements ont toutefois mené à une crise diplomatique entre les deux États membres et différents pays. Des manifestations ont notamment secoué des quartiers de Beyrouth ainsi que l’Irak et l’Iran, culminant avec l’incendie de l’ambassade suédoise à Bagdad (EUROPE 13214/30).
En Irak, l’ambassadrice suédoise a été expulsée et le personnel diplomatique danois et suédois rapatrié. L’Iran, quant à lui, a affirmé ne plus accepter d’ambassadeurs suédois tant que des « mesures concrètes » ne seraient pas prises pour éviter une nouvelle profanation du Coran.
Enfin, l’Algérie et l’Égypte ont convoqué les représentants diplomatiques et le Koweït a déclaré œuvrer à la tenue d’une « réunion urgente » de l’Organisation de coopération islamique. (Hélène Seynaeve)