Selon une étude préliminaire du projet ‘Médias locaux pour la démocratie’ (« Local Media for Democracy project », LM4D) publiée lundi 10 juillet, l'une des causes de la désertification de l’information dans certaines parties de l’UE est l’absence de financements adéquats et durables pour les médias locaux indépendants.
Les « déserts informationnels » sont des zones où les citoyens ne font pas l’objet d’une couverture médiatique indépendante qui leur soit consacrée et ne reçoivent pas d’information d’intérêt public, de qualité et différenciée. Selon LM4D, il est difficile d’évaluer l’étendue exacte de la crise des médias locaux, faute de recherches suffisantes sur le sujet.
Leur étude préliminaire indique toutefois que la viabilité des médias locaux dépend de plus en plus du soutien financier de l’État. Or, les subventions ne sont pas accordées selon les mêmes critères dans l’ensemble de l’UE. Des médias sont alors forcés de se tourner vers des conglomérats médiatiques ou des partis politiques pour assurer leur survie économique.
Les conséquences de cette « mainmise commerciale et politique », souligne le texte, sont un manque d’indépendance éditoriale et une concentration excessive de la propriété des médias. Pour LM4D, ceci, combiné avec une distribution non équitable et non transparente des financements publics, contribue à alimenter l’existence de déserts informationnels dans certaines localités dans l’UE.
L’étude estime également que, si les médias locaux « naviguent entre [ses] opportunités et [ses] revers », la transformation numérique tend à remettre leur existence en question.
Le projet LM4D, financé par la Commission européenne, est mené par un consortium d’organisations chapeauté par la Fédération européenne des journalistes (FEJ). Il vise à soutenir les médias locaux dans les « déserts d’information » en Europe en renforçant leur indépendance et leur durabilité ainsi que leurs capacités en matière d’innovation, de stratégies commerciales et d’engagement de l’audience (EUROPE 13085/43).
L’étude finale, attendue pour début 2024, cartographiera les « déserts d’information » dans l’Union et examinera les défis rencontrés dans ces zones et les meilleures pratiques pour les relever.
L’étude préliminaire : https://aeur.eu/f/880 (Hélène Seynaeve)