Les préoccupations des eurodéputés face aux combats meurtriers qui font rage au Soudan depuis trois semaines ont rencontré celles plusieurs fois exprimées par l'UE depuis le 15 avril (EUROPE 13175/4, 13169/42). Lors d'un débat, mardi 9 mai à Strasbourg, les appels à un cessez-le-feu immédiat et permanent pour acheminer l'aide humanitaire se sont multipliés pour prévenir une catastrophe humanitaire majeure et le risque de déstabilisation de toute l'Afrique de l'Est. Le même jour, piétinaient en Arabie Saoudite les pourparlers entamés dimanche entre les généraux rivaux - le chef de l’armée soudanaise, Abdel Fattah al-Burhan, et le chef des Forces de soutien rapide (FSR), Mohamed Hamdan Dagalo, alias ‘Hemeti‘.
Le conflit a déjà fait plus de 750 morts, 6 000 blessés, et ne concerne pas que Khartoum, a rappelé le commissaire européen au Voisinage et à l'Élargissement, Olivér Várhelyi, alarmé par « un risque de guerre générale qui ne fait que croître de manière exponentielle ».
Au nom du Haut Représentant de l'UE, Josep Borrell, il a réitéré la condamnation des combats et des violations du droit international et humanitaire : « Nous continuons de faire pression avec les efforts coordonnés de la communauté internationale. L'objectif est d'obtenir un cessez-le-feu durable », a-t-il déclaré, assurant que l'UE travaille pour mettre en place une coalition large. Et de plaider pour un financement humanitaire souple pour livrer l'aide rapidement, dès que les conditions de sécurité le permettront.
Željana Zovko (PPE, croate) a dénoncé l'implication de puissances étrangères dans le conflit et a lancé un appel à un cessez-le-feu immédiat et à une résolution pacifique, qui permettraient d'assurer la sécurité des travailleurs humanitaires.
« Les négociations n’aboutissent pas. L’Europe doit affirmer son rôle dans le monde. Évitons toute tragédie », a déclaré Pedro Marques (S&D, portugais), estimant qu'il est « temps d'agir ».
Pour l'Irlandais Barry Andrews (Renew Europe), il faut apporter une réponse urgente et « faire de notre mieux pour rétablir un gouvernement civil ». Il a insisté pour que l'aide humanitaire aux organisations locales ne soit pas oubliée.
Pierrette Herzberger-Fofana (Verts/ALE, allemande) a dénoncé « les rivalités entre deux anciens alliés et leur soif de pouvoir » et souligné que « l'or est le nerf de la guerre ». Rappelant qu'un million de personnes vivent dans des conditions inacceptables dans ce pays où les infrastructures de santé sont détruites et un quart de la population souffre de malnutrition aiguë, elle a mis en garde contre l'exode qui risque de déstabiliser les pays voisins.
Adam Bielan (CRE, polonais) a exprimé son soutien aux efforts de l'UE et ses États membres et à ceux de la communauté internationale.
De l'avis de Thierry Mariani (ID, français), « la guerre couvait depuis longtemps et le Parlement européen n'avait rien anticipé ». Selon lui, la paix passera par l’intégration de toutes les forces armées et il est urgent de « renforcer le partenariat avec l’Égypte pour éviter un nouveau déferlement migratoire ».
Pour Idoia Villanueva Ruiz (La Gauche, espagnole), au contraire, il faut offrir l'asile aux réfugiés du Soudan au bord de la guerre civile depuis 2021. (Aminata Niang)