Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a souhaité, mardi 9 mai à Kiev, que l’Union européenne lève les restrictions jugées « inacceptables et cruelles » sur les exportations ukrainiennes de céréales (voir autre nouvelle).
Les restrictions sur nos exportations sont inacceptables, car elles renforcent les capacités de l'agresseur russe, a-t-il déclaré.
« Nous attendons de l'UE la suppression de toutes les restrictions le plus vite possible », a-t-il continué, jugeant ces mesures protectionnistes « sévères, voire cruelles ».
La Pologne, suivie par d’autres pays de l’UE (la Hongrie, la Slovaquie, la Bulgarie), a unilatéralement banni depuis la mi-avril les céréales et d'autres produits agricoles venus d'Ukraine afin de protéger ses agriculteurs (EUROPE 13174/3).
La Commission européenne est parvenue fin avril à un accord entre toutes les parties concernées pour garantir le transit des céréales ukrainiennes, notamment à destination des pays tiers. Les pays limitrophes de l'UE se sont engagés à lever les restrictions.
Aux côtés de M. Zelensky, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, a déclaré : « La priorité immédiate est de faire en sorte que le transit des céréales se fasse sans heurt et au moindre coût possible en dehors de l'Ukraine, vers l'Union européenne. Cela nécessite une coopération très étroite entre les différentes parties prenantes ». C'est pourquoi « nous mettrons conjointement en place une plateforme de coordination afin que ces couloirs de solidarité fonctionnent à nouveau pleinement ».
L’eurodéputé Dacian Cioloș (Renew Europe, roumain) a indiqué que son groupe avait écrit à la Commission pour lui demander de prendre des mesures pour éviter et mettre un terme aux décisions unilatérales prises par certains États membres, « car c’est contre les traités et c’est inefficace ».
Il a plaidé pour un système européen pour régler les problèmes. Parmi les suggestions du groupe figurent : - avoir une meilleure évaluation du marché au niveau local pour identifier les produits qui posent problème ; - définir des règles spécifiques pour les céréales en transit avec des certificats d'exportation ; - une plus grande coopération entre la Commission et les organisations internationales qui veulent acheter les céréales pour les distribuer pour l'aide humanitaire.
Éric Andrieu (S&D, français), de son côté, a dénoncé « un phénomène de spéculation » de la part des grandes multinationales qui font le marché mondial. « Le blé qu'ils stockent dans les pays comme la Pologne ou la Hongrie, avec la complicité de l'Union européenne, arrive sur le marché européen et déstabilise l'ensemble des cours sur le marché européen. Pourquoi la Commission se rend-elle complice de ce type d'agissement ? », s’est-il interrogé. (Lionel Changeur, avec la rédaction)