Le président ukrainien, Volodymyr Zelenky, a plaidé, mardi 9 mai, pour l’ouverture des négociations d’adhésion à l’UE de son pays.
« Il est grand temps de mettre fin à l’incertitude politique artificielle dans les relations entre l'Ukraine et l'UE. Il est temps de prendre une décision positive pour ouvrir les négociations », a-t-il souligné lors d’une conférence de presse à Kiev, aux côtés de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
La Commission doit présenter, en juin, un rapport sur les progrès de l’Ukraine dans sa voie européenne, rapport que M. Zelensky a espéré positif. Mme von der Leyen a rappelé que ce rapport serait oral et que le plus important était le rapport écrit, prévu pour octobre.
« Il est impressionnant de voir que, malgré la guerre, l'Ukraine travaille dur et de manière intensive. De nombreux progrès ont été réalisés. Mais le travail doit se poursuivre. Il est très important de progresser », a ajouté la présidente, se disant très confiante.
Mme von der Leyen a rappelé en outre que l’UE poursuivait son soutien financier à l’Ukraine. « Nous disposons d'une enveloppe de 18 milliards d'euros pour toute l'année 2023, dont nous avons déjà déboursé 6 milliards d'euros. Cela contribue de manière significative à combler le déficit budgétaire de l'Ukraine. Mais bien sûr, nous travaillons déjà sur un soutien financier au-delà de 2023 », a-t-elle promis.
M. Zelensky a aussi remercié l’UE pour son aide militaire, notamment les dernières décisions concernant les munitions, ajoutant que son pays en avait besoin dès maintenant.
Les deux dirigeants ont également discuté de la question des restrictions imposées par certains États membres aux céréales ukrainiennes (voir autre nouvelle).
La lutte contre le contournement des sanctions au cœur du 11e paquet de sanctions
Mme von der Leyen a profité de sa venue en Ukraine pour présenter le 11e paquet de sanctions contre la Russie, qui sera « axé sur la répression du contournement » des mesures restrictives. Selon elle, l’UE va affûter ses outils existants. La Commission propose ainsi l’ajout de nouveaux produits à son interdiction de transit, tels que les produits de haute technologie ou les pièces d'avion qui sont acheminés vers des pays tiers via la Russie afin de s'assurer qu'ils ne finiront plus entre les mains du Kremlin.
La Commission propose d’interdire les entités ‘fantômes’ de Russie et de pays tiers qui contournent intentionnellement les sanctions.
Enfin, la Commission propose des mesures supplémentaires, en lien avec l’augmentation des flux commerciaux très inhabituels entre l'UE et certains pays tiers, laissant penser que les marchandises aboutissent ensuite en Russie.
« C'est pourquoi, dans un deuxième temps, nous proposons un nouvel outil pour lutter contre le contournement des sanctions. Si nous constatons que des marchandises partent de l'Union européenne vers des pays tiers et aboutissent ensuite en Russie, nous pourrions proposer aux États membres de sanctionner l'exportation de ces marchandises », a-t-elle annoncé.
Mme von der Leyen a précisé que cet outil serait utilisé en dernier recours et avec prudence, après une analyse de risque très diligente et l'approbation des États membres de l'UE.
Le président ukrainien a également espéré que le nouveau paquet de sanctions soit approuvé « dans un avenir proche » et contienne des mesures à l’encontre du secteur nucléaire russe, « pour être proportionnel au niveau de la menace ». Le nucléaire ne fait pas partie de ce 11e paquet. (Camille-Cerise Gessant)