Le directeur exécutif du 'Mécanisme européen de stabilité' (MES), Pierre Gramegna, a souligné l'importance de finaliser la ratification de la révision du traité établissant le fonds de sauvetage permanent de la zone euro, vendredi 28 avril à l'issue de l'Eurogroupe.
« Il y a un problème de calendrier. (...) Il est donc crucial que le traité révisé entre en vigueur, avec le filet de sécurité, avant la fin de cette année », a-t-il déclaré.
Fin 2020, les pays de la zone euro avaient marqué un accord politique sur la révision du traité international intergouvernemental instaurant le MES de manière, notamment, à lui permettre de jouer un rôle de filet de sécurité ('backstop') pour le 'Fonds de résolution unique' (SRF), le bras financier du volet 'résolution' au sein de l'union bancaire (EUROPE 12613/4).
Or, fin 2023, des « arrangements temporaires » spécifiques au filet de sécurité arriveront à échéance et risquent de compliquer la situation, si la ratification n'est pas finalisée, a ajouté M. Gramegna.
Seule l'Italie n'a pas ratifié le traité révisé du MES. Le sujet est très sensible dans cet État membre où les partis dominants de la coalition gouvernementale, Fratelli d'Italia et La Lega, ont toujours fait campagne contre le fonds de sauvetage de la zone euro, accusé d'imposer l'austérité dans les pays ayant fait l'objet d'un sauvetage financier. La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, demande de rouvrir le dossier pour faire évoluer le rôle du MES avant d'envisager une quelconque ratification.
M. Gramegna a fait valoir qu'il avait lancé une réflexion avec les pays de la zone euro sur une nouvelle stratégie pour le fonds de sauvetage, l'Italie étant appelée à jouer un rôle moteur dans ce débat.
La ratification du traité révisé du MES « ouvrirait la possibilité pour d'autres pays d'y faire appel » en cas de crise macroéconomique, a relevé le président de l'Eurogroupe, Paschal Donohoe.
Vendredi, les ministres français et espagnole des Finances ont noté la protection efficace que procurent le MES et le Fonds SRF à l'Eurozone. (Mathieu Bion)