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Bulletin Quotidien Europe N° 13165
Invasion Russe de l'Ukraine / Agriculture

La Commission européenne va débloquer 100 millions d'euros supplémentaires pour les pays de l'UE affectés par l'afflux de céréales d'Ukraine

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé, mercredi 19 avril, une nouvelle enveloppe de 100 millions d'euros de fonds de l’UE pour soutenir les exploitants agricoles des pays de l’UE les plus affectés par la chute des cours des céréales en raison de la hausse des importations de céréales ukrainiennes sur leur sol.

« Nous nous préparons maintenant à présenter un deuxième paquet de soutien financier de 100 millions d'euros et un taux de cofinancement de 200%, pour les agriculteurs touchés, dans le cadre d'une approche européenne commune », indique la présidente de la Commission dans une lettre adressée aux dirigeants des cinq pays membres de l'UE concernés (la Pologne, la Hongrie, la Roumanie, la Slovaquie et la Bulgarie).

Ce montant complète une première enveloppe de 56,3 millions d’euros octroyée le mois dernier pour soutenir les agriculteurs les plus affectés. Ces soutiens seront financés grâce à la réserve en cas de crise agricole, qui dispose de près de 500 millions d’euros par an.

Clause de sauvegarde. Ce n’est pas tout. Mme von der Leyen signale que la Commission prendra également des mesures préventives en vertu de la ‘clause de sauvegarde’ incluse dans le règlement sur la libéralisation des échanges avec l'Ukraine (EUROPE 12965/11). Ces mesures préventives permettront d’éviter « la détérioration de la situation des producteurs de l'Union pour des produits spécifiques, à savoir le blé, le maïs, le colza et les graines de tournesol ».

« La mesure autoriserait les importations dans les cinq États membres limitrophes de l'Ukraine uniquement à des fins de transit, et les exportations vers d'autres États membres et le reste du monde », selon une source européenne.

La mesure s'appliquerait jusqu'à fin juin.

« Nous n'avons pas besoin de l'approbation des États membres, car il s'agit d'une mesure d'urgence », explique une source européenne. Cela doit remplacer les mesures unilatérales imposées par les États membres. La politique commerciale commune exige une solution à l'échelle de l'UE, toujours selon cette source.

Conséquence de la guerre menée par la Russie en Ukraine, l'UE avait suspendu, depuis juin 2022 et jusqu'à juin 2023, les tarifs sur tous les produits importés d'Ukraine. Elle a proposé, en février, de renouveler cette mesure d'un an, avec un mécanisme de sauvegarde renforcé (EUROPE 13128/4). 

Mais au lieu d'un simple transit, les États européens voisins ont vu s'accumuler sur leur sol maïs, blé ou tournesol d'Ukraine en raison de problèmes logistiques, ce qui a fait chuter les prix locaux.

Ce phénomène a conduit la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie (et la Bulgarie depuis mercredi) à bannir les importations de céréales en provenance d'Ukraine pour protéger leurs exploitants.

La Hongrie a même annoncé une extension de l'embargo à des dizaines de produits agroalimentaires ukrainiens, selon un décret publié par le gouvernement de Viktor Orbán. La Pologne a conclu mardi un accord avec l'Ukraine en vue d'une reprise des importations dans les prochains jours.

Lien vers la lettre : https://aeur.eu/f/6e2 (Lionel Changeur et Léa Marchal)

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