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Bulletin Quotidien Europe N° 13120
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ACTION EXTÉRIEURE / Protection civile/aide humanitaire

Solidaire des populations turque et syrienne sinistrées, le Parlement européen appelle à dépolitiser l'aide

À l'heure où les chances de retrouver des survivants s'amenuisent en Turquie et en Syrie après les séismes qui ont déjà fait plus de 35 000 morts, plus de 100 000 blessés et potentiellement des millions de sans-abri, selon l'ONU, le Parlement européen est pleinement solidaire avec les populations sinistrées dans les deux pays frappés par une catastrophe d'une ampleur sans précédent ces 100 dernières années et appelle tous les acteurs à dépolitiser l'aide.

« L'UE est aux côtés des peuples de Turquie et de Syrie, nos pensées vont aux familles des défunts, des blessés, de ceux qui sont encore sous les décombres, de ceux qui se battent pour sauver des vies », a déclaré la présidente de l'institution, Roberta Metsola, lundi 13 février à l'ouverture de la session plénière à Strasbourg, évoquant « des dégâts apocalyptiques ». Une minute de silence a été observée avant que ne débute, en fin d'après-midi, un échange sur la réponse apportée par l'UE à la catastrophe humanitaire découlant de séismes intervenus il y a tout juste une semaine.

 Le commissaire européen à la Gestion des crises, Janez Lenarčič, a rappelé que l'UE se mobilise sans relâche pour fournir de l'aide urgente tant en Turquie qu'en Syrie et est déterminée à accroître son aide en nature et financière pour aider les partenaires humanitaires. Ce message de solidarité a été relayé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de sa communication téléphonique, dimanche soir, avec le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, après que les chefs d'État ou de gouvernement de l'UE avaient écrit, vendredi, à ce dernier notamment pour annoncer la conférence des donateurs qu'organisera l'UE en mars à Bruxelles, en coordination avec le gouvernement turc (EUROPE 13118/4). 

Dressant un dernier bilan de l'aide urgente apportée aux deux pays, le commissaire a assuré que la Syrie n'était pas oubliée.

En réponse à la demande d'assistance introduite le 8 février auprès du mécanisme de protection civile de l'Union (EUROPE 13117/4), 10 pays (l'Allemagne, l'Autriche, la Bulgarie, Chypre, la Finlande, la Grèce, l'Italie, la Roumanie, la Slovénie et la Norvège) ont offert des milliers d'équipements de première nécessité - tentes, couvertures, sacs de couchage, matelas, lits, générateurs électriques, appareils de chauffage, médicaments, produits alimentaires, vêtements d'hiver, masques. Deux officiers de liaison du Centre de coordination de la réaction d'urgence de la Commission devaient être déployés lundi à Beyrouth (Liban). 

 De l'aide urgente est en outre en cours d'acheminement à partir des réserves d'équipements de l'Italie et de Dubai - tentes adaptées à l'hiver, appareils de chauffage, couvertures, eau, toilettes, kits de produits d'hygiène, ustensiles de cuisine. Elle sera distribuée tant dans les zones contrôlées par le gouvernement, en collaboration avec la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, que dans les zones non contrôlées par le gouvernement dans le nord-ouest de la Syrie, en coopération avec l'Organisation internationale pour les migrations (IOM). Cela, en plus de l'aide qui sera acheminée par le PAM.

 En Turquie, en réponse à la demande d'assistance la plus récente, la Commission achemine l'aide de 12 États membres de l'UE en abris d'urgence ainsi que les unités de logement temporaires provenant de la réserve RescEU hébergée par la Suède et des milliers de tentes-lits de la réserve qu'héberge la Roumanie (EUROPE 13118/7).

Une équipe de protection civile de l'UE, composée de 11 experts, a été déployée pour aider les autorités locales et nationales à coordonner l'aide qui arrive. L'UE est prête à accroître cette aide urgente en mobilisant le secteur privé.

Au cours de l'échange, tous les députés ont tenu à « remercier les sauveteurs, l'UE et ses États membres » pour leur mobilisation rapide dans l'envoi d'équipement, mais de nombreuses voix se sont élevées pour que « l'humanité prenne le pas sur la politique » en pareilles circonstances.

Ont été ainsi pointées du doigt au premier chef les autorités turques et syriennes par le PPE, Renew Europe, le groupe S&D et les Verts/ALE, mais aussi les sanctions imposées à la Syrie. 

« Les sanctions frappent les paiements bancaires et empêchent de faire parvenir des équipements pour sortir les personnes des décombres. Nous devons contourner ces sanctions », a estimé György Hölvényi (PPE, hongrois) à propos des produits à double usage.

« Exigeons l'accès plein et entier au nord de la Syrie et à la Turquie, demandons des actions légales. Bloquer Twitter n'est pas la solution », a lancé l'eurodéputé Nacho Sánchez Amor (S&D, espagnol).

Pour Martine Loiseau (Renew Europe, française), « il temps que le le Conseil de sécurité exige un cessez-le-feu complet en Syrie et que l'ONU établisse un pont aérien pour la Syrie ».

« Face à une tragédie indicible », Kostas Papadakis (non inscrits, grec) a appelé à « lever les sanctions inadmissibles de l'UE, des États-Unis et de l'OTAN », les qualifiant d'« ingérence impérialiste. » Un point de vue que partage Thierry Mariani (ID, français).

 Beata Kempa (CRE, polonaise), évoquant les 2,5 millions de personnes nécessitant de l'aide humanitaire dans des conditions hivernales particulièrement difficiles et des millions de personnes traumatisées, a déclaré : « Tous ont besoin de nous. Nous devons transcender nos clivages politiques pour améliorer le soutien humanitaire ».

Le commissaire a réitéré la position de la Commission selon laquelle « ce ne sont pas les sanctions de l'UE qui tuent les Syriens », « que les sanctions n'empêchent pas la livraison d'équipements médicaux », tout en réitérant aussi que « l'accès au nord-ouest de la Syrie est un défi, puisque le Conseil de sécurité n'autorise qu'un point de franchissement de frontière ». Il a déploré qu'à peine « 2% de l'aide à la Syrie ait pu jusqu'ici parvenir aux destinataires dans une région où il y avait 3 millions de déplacés avant le tremblement de terre ». (Aminata Niang)

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