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Bulletin Quotidien Europe N° 13120
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Économie

L'UE devrait éviter une contraction économique en 2023

La Commission européenne a relevé ses prévisions de croissance pour 2023, lundi 13 février, à la faveur d'une fin d'année 2022 moins mauvaise que prévu. La zone euro et l'Union européenne devraient ainsi éviter une contraction technique début 2023, croître respectivement à hauteur de 0,9 et 0,8% de leur PIB sur l'ensemble de l'année en cours et à hauteur de 1,5 et 1,6% en 2024, alors que l'institution de l'UE tablait en novembre sur une faible croissance de 0,3% tant pour les Vingt que pour les Vingt-sept (EUROPE 13062/28).

« L'économie européenne est entrée dans l'année 2023 sur des bases plus saines qu'attendu et semble pouvoir échapper à la récession », a déclaré le commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni, en présentant les prévisions économiques d'hiver de la Commission. Il a indiqué qu'en 2022, la croissance devrait avoir atteint 3,5% du PIB au niveau de l'Eurozone et de l'UE, faisant observer que ce chiffre était supérieur à la croissance observée aux États-Unis et en Chine. Selon lui, la situation actuelle contredit le discours sur « une stagflation » que tenaient certains experts à l'automne dernier.

 Évoquant un rééquilibrage des risques sur l'économie européenne, le commissaire a cité comme facteur haussier la baisse des prix énergétiques sur les marchés de gros combinée à une baisse de la consommation. Mais l'incertitude liée aux tensions géopolitiques et ses répercussions dans l'UE demeurent élevées et pèsent sur les indicateurs de confiance.

En 2023, les prévisions de croissance diffèrent selon les États membres. Avec une hausse prévue du PIB de 4,9%, l'Irlande continuera d'afficher une croissance insolente, suivie de Malte (3,1%) et de la Roumanie (2,5%). La Suède devrait être le seul pays de l'UE à être en récession économique cette année (-0,8%), tandis que la croissance sera atone en Estonie et en Lettonie (0,1%), ainsi qu'en Allemagne et en Finlande (0,2%). En France (0,6%) et en Italie (0,8%), la hausse du PIB sera modérée, et elle sera plus soutenue en Espagne (1,4%).

Sur l'économie allemande, M. Gentiloni a observé qu'à l'automne, la Commission envisageait une contraction du PIB de 0,6%. « Il s'agit d'un retournement de situation significatif, grâce à la baisse des prix de l'énergie, l'ajustement progressif des chaînes d'approvisionnement et les mesures de soutien aux ménages et aux entreprises », a-t-il estimé.

Inflation. Concernant l'inflation, le commissaire a décrit une trajectoire à la baisse après le pic atteint en fin d'année dernière : 9,2% en 2022, 6,4% en 2023 et 2,8% en 2024.

Selon M. Gentiloni, l'évolution des prix énergétiques, qui doit encore se refléter dans les prix de détail, ainsi que la normalisation de la politique monétaire de la BCE (EUROPE 13113/4) expliquent une telle trajectoire. Il a néanmoins relevé que, si l'inflation sur base annuelle est à la baisse, l'inflation sous-jacente (hors prix de l'énergie et des produits alimentaires non transformés) demeure à la hausse, expliquant sa diffusion à l'ensemble de l'économie.

Concernant le marché du travail, la faiblesse du chômage (6,1% dans l'UE et 6,6% dans la zone euro) demeure l'élément principal de satisfaction depuis le déclenchement de la pandémie de Covid-19 au printemps 2020. M. Gentiloni a néanmoins évoqué une situation « tendue » sur le marché du travail pour 2023 et 2024. Quant à la hausse des salaires, elle est demeurée inférieure à celle de l'inflation en 2022, résultant en « une perte de pouvoir d'achat » des travailleurs, a-t-il souligné.

Plus d'informations sur les prévisions économiques d'hiver : https://aeur.eu/f/5aw  (Mathieu Bion)

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