Les ministres de la Défense des pays alliés se retrouveront, mardi 14 et mercredi 15 février, pour une réunion du groupe de contact sur l’Ukraine, suivie d’une réunion ministérielle.
Au cours du groupe de contact, les représentants d’une cinquantaine de pays discuteront avec le ministre ukrainien de la Défense, Oleksii Reznikov, du soutien supplémentaire à apporter à l’Ukraine. M. Reznikov participera également à la réunion de l’OTAN.
Lundi 13 février, le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, a appelé les Alliés à intensifier leur soutien à l’Ukraine. « Le président Poutine (...) lance de nouvelles offensives. Nous devons donc continuer à fournir à l'Ukraine ce dont elle a besoin pour gagner et pour parvenir à une paix juste et durable », a-t-il souligné.
Selon lui, « ce que le président Poutine fait maintenant, c'est envoyer des milliers et des milliers de soldats supplémentaires en acceptant un taux de pertes très élevé, en subissant de grosses pertes, mais en mettant la pression sur les Ukrainiens. Ce qu'il manque à la Russie en qualité, elle essaie de le compenser en quantité ».
« Nous sommes dans une course à la logistique », a prévenu M. Stoltenberg, prévenant qu’il fallait que les capacités essentielles parviennent à l'Ukraine avant que la Russie ne puisse prendre l'initiative sur le champ de bataille.
Interrogé sur l’envoi d’avions, le secrétaire général a expliqué s’attendre à ce que la question soit discutée ces deux prochains jours. Et d'ajouter : « Quelle que soit l'opinion sur les avions, cela prendra du temps. Ce qu'il faut maintenant, c'est un soutien urgent à l'Ukraine ». Il a précisé que sa priorité était que les engagements déjà pris par les alliés soient tenus le plus rapidement possible, « car chaque jour compte ».
Reconstituer les stocks
M. Stoltenberg a en outre rappelé que « la guerre en Ukraine consommait une énorme quantité de munitions et épuisait les stocks des alliés ». « Le taux actuel de consommation des munitions de l'Ukraine est plusieurs fois supérieur à notre taux de production actuel. Cela met nos industries de défense à rude épreuve », a-t-il expliqué, ajoutant que les délais d'attente pour les munitions de gros calibre étaient passés de 12 à 28 mois.
Ainsi, les ministres de la Défense vont se concentrer sur les moyens d'accroître leur capacité industrielle de défense et de reconstituer les stocks. « Nous devons donc accélérer la production et investir dans notre capacité de production », a précisé M. Stoltenberg, expliquant que l’OTAN prévoyait d'augmenter ses objectifs en matière de stocks de munitions dans le cadre du processus des plans de défense de l'OTAN.
Renforcer la sécurité sur terre, en mer et dans les airs
Les ministres vont également discuter du renforcement de la dissuasion et de la défense de l’Alliance. M. Stoltenberg a estimé qu’il fallait s’assurer que les Alliés disposent des forces et des capacités appropriées pour le long terme. Selon lui, les Alliés vont approuver de nouvelles orientations pour les plans de défense de l'OTAN.
La réunion devrait aussi être l’occasion pour les ministres de se pencher sur l’accroissement de la protection des infrastructures sous-marines critiques. « Nous avons décidé de créer une nouvelle cellule de coordination au siège de l'OTAN afin de recenser nos vulnérabilités et de nouer des contacts avec l'industrie. Cette cellule soutiendra les efforts que nous déployons pour prévenir et contrer les menaces qui pèsent sur les infrastructures essentielles, notamment les câbles et les pipelines sous-marins », a précisé M. Stoltenberg. Il a ajouté que l’Alliance travaillerait en étroite collaboration avec l'UE, dans le cadre de la task force OTAN-UE sur la résilience et les infrastructures critiques.
Les ministres devraient également s’accorder pour établir un nouveau réseau virtuel de satellites nationaux et commerciaux. « Cela permettra d'améliorer nos activités de renseignement et de surveillance et de soutenir les missions et les opérations de l'OTAN », a expliqué M. Stoltenberg, ajoutant que cela permettrait aussi d’accroître le partage des données spatiales avec la structure de commandement de l'OTAN. Selon lui, cela facilitera l'amélioration de la navigation, des communications et de la détection précoce des lancements de missiles.
Enfin, les ministres se pencheront sur la manière d'intensifier le soutien pratique à la Bosnie-Herzégovine, à la Géorgie et à la Moldavie, « trois partenaires précieux de l'OTAN qui sont confrontés à la menace russe », a précisé M. Stoltenberg. (Camille-Cerise Gessant)