Les corapporteurs sur l'instrument visant à renforcer l'industrie européenne de la défense au moyen d'acquisitions conjointes (EDIRPA) au Parlement européen, Zdzisław Krasnodębski (CRE, polonais) pour la commission ‘industrie, recherche et énergie' (ITRE), et Michael Gahler (PPE, allemand) pour la sous-commission ‘Sécurité et Défense’ (SEDE), ont proposé, lundi 6 février, que l’instrument ne soit pas doté de 500 millions d’euros, comme proposé par la Commission européenne, mais de 1,5 milliard.
Cette proposition a été soutenue par les rapporteurs fictifs du PPE, du S&D et de Renew Europe, mais ceux des Verts/ALE ont souhaité conserver le montant initial, « étant donné que c’est un projet pilote », a précisé Jakop Dalunde (Verts/ALE, suédois).
Selon M. Gahler, « étant donné le besoin d’appuyer l’Ukraine et de renforcer les capacités de défense de la Moldavie », les corapporteurs proposent d’ouvrir l’instrument à ces deux pays « en permettant à l’UE d’acheter des quantités supplémentaires à ces deux pays ».
« De plus, nous introduisons des bonus pour l’inclusion de deux pays qui se trouvent sur le flanc est de l’Europe dans les consortiums et pour acheter des armes pour l’Ukraine et la Moldavie », a-t-il ajouté. Ces propositions font davantage débat entre les corapporteurs.
Si Dragos Tudorache (roumain), pour Renew Europe, a salué l’inclusion de l’Ukraine et de la Moldavie, « un signal politique fort à ces deux pays », et le « bonus pour le flanc oriental », pour le S&D, Elena Yoncheva (bulgare) s’est montrée circonspecte. Selon elle, « étendre l’instrument (à la Moldavie et l’Ukraine) n’est pas son objectif principal » et « EDIRPA est là pour aider surtout les États membres ». Dominique Riquet (français), pour Renew Europe, a été plus loin, estimant qu’étendre l’instrument à l’Ukraine serait « inadapté, sans base légale » et que le montant alloué, même s’il était monté à 1,5 milliard, serait dans ce cas « insuffisant ».
Mme Yoncheva s’est interrogée sur la priorisation d’offres pour des pays frontaliers de la Russie ou qui donnent le plus d’armes à l’Ukraine, estimant qu’il était difficile de savoir qui donnait le plus, par rapport à qui ou à quoi.
Par ailleurs, les Verts/ALE ont exprimé leurs revendications sur EDIRPA, Hannah Neumann (allemande) expliquant qu’ils voulaient de la transparence, que le Parlement ait le contrôle avec des actes délégués et que l’argent européen ne finance pas directement des équipements militaires – ce qui n’est pas possible en vertu des traités et n’est pas proposé par la Commission.
Alors que le Conseil a adopté sa position le 1er décembre dernier (EUROPE 13075/24), M. Krasnodębski tout comme le représentant de la Commission européenne, François Arbault, ont appelé le Parlement européen à aller vite.
Le projet de rapport pourrait être voté lors d'une réunion de la commission mixte fin avril et soumis au vote en plénière en juin. (Camille-Cerise Gessant)