La sixième session spéciale de la commission des thons de l'Océan Indien (CTOI) a décidé, dimanche 5 février à Mombasa, au Kenya, d’adopter des mesures visant à restreindre l’utilisation des dispositifs de concentration de poissons (DCP).
Les mesures ont été présentées par 11 États côtiers (l’Indonésie est à l’origine de la proposition) et ont été adoptées à la majorité des deux tiers (16 voix sur 23) au sein de cette organisation régionale de pêche dont l'UE est membre (EUROPE 12959/18).
Les mesures, qui devraient entrer en vigueur le 1er janvier 2024, prévoient une réduction progressive du nombre de DCP dérivants autorisés par navire, de 300 à 250 la première année et à 200 en 2025. La création d'un registre des DCP dérivants est également proposée. En outre, il est prévu la mise en place d’une période de fermeture de 72 jours pour les DCP dérivants. Cet aspect de la proposition a suscité une forte opposition de l'UE.
Des ONG comme Blue Marine Foundation et la International Pole and Line Foundation (IPNLF), de même que l’association Bloom, ont salué ces restrictions à l'utilisation de ces DCP.
Les professionnels de l’UE dépités. Selon l’organisation professionnelle européenne Europêche, « la majorité des membres de la CTOI (n'utilisant pas de DCP) ont accepté de supprimer rapidement les DCP dérivants, ce qui détruira les flottes de senneurs à senne coulissante et minera les économies des pays en développement qui en dépendent ». Par exemple, l'industrie (conserves) des Seychelles et de l'île Maurice « pourrait ne pas survivre à cette décision, puisque l'approvisionnement dépend des débarquements de ces navires », explique cette organisation.
Les onze pays à l’origine des mesures « ont été poussés par l'Indonésie, qui, par ailleurs, s'est opposée au plan de gestion du thon albacore et a augmenté ses captures de plus de 250% depuis 2014 », critique encore Europêche.
Lien vers la proposition des 11 pays : https://aeur.eu/f/58g (Lionel Changeur)