Le Conseil 'Affaires générales' de lundi 6 février n'aura pas permis de réunir les États membres sur la réponse exacte à apporter à l'IRA américaine, qui risque de provoquer la délocalisation de certaines industries de l'UE aux États-Unis pour bénéficier d'aides. Les ministres des Affaires européennes devaient « préparer » la discussion des chefs d'État ou de gouvernement des 9 et 10 février à Bruxelles.
« Nous avons eu un échange fructueux ; toutefois, les États membres ont des vues divergentes sur ce que doit être la réponse européenne. Les conséquences de l'IRA doivent être analysées et traitées avec attention », a déclaré la ministre suédoise des Affaires européennes, Jessika Roswall, après la réunion des ministres.
En particulier, les pays membres sont nombreux à vouloir faire preuve de prudence sur le Fonds de souveraineté européen, en discussion depuis plusieurs semaines et évoqué dans la communication de la Commission européenne du 1er février (EUROPE 13112/1). « Nous pensons que nous devons d'abord utiliser toutes les ressources disponibles », a indiqué le secrétaire d'État slovaque pour les Affaires européennes, Andrej Stančík, le 6 février.
La version provisoire des conclusions du sommet européen extraordinaire des 9 et 10 février reflète plutôt bien cette position. « Le Conseil européen invite la Commission et le Conseil à avancer les travaux pour assurer la pleine mobilisation des fonds disponibles et des instruments financiers existants afin de fournir un soutien rapide et ciblé dans les secteurs stratégiques », est-il écrit dans les conclusions datées du 2 février. Les chefs d'État ou de gouvernement devraient ensuite seulement « noter » la proposition de la Commission relative au Fonds de souveraineté (EUROPE 13114/4).
Voir les conclusions provisoires du Conseil européen extraordinaire : https://aeur.eu/f/57W
La discussion des dirigeants devrait se concentrer sur les mesures à court terme. Ils devraient d'ailleurs insister sur le besoin « urgent » de réagir pour soutenir les entreprises.
Le vice-président de la Commission européenne, Maroš Šefčovič, a partagé ce même constat : « De mon expérience avec l'alliance européenne sur les batteries, je peux témoigner qu'il est crucial d'agir rapidement ici. Nos compétiteurs avancent à plein régime », a-t-il déclaré.
En parallèle des travaux de l'UE pour renforcer sa compétitivité, les ministres français et allemand, Bruno Le Maire et Robert Habeck, sont en visite à Washington les 6 et 7 février pour tenter de convaincre les États-Unis d'accorder un meilleur traitement aux entreprises européennes dans l'IRA. (Léa Marchal)