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Bulletin Quotidien Europe N° 13105
INSTITUTIONNEL / Avenir de l'ue

Le tandem franco-allemand décline l'objectif d'une Europe « maîtrisant pleinement son destin »

Après plusieurs mois de frictions, le tandem franco-allemand composé du président français, Emmanuel Macron, et du chancelier allemand, Olaf Scholz, a tenté de donner une nouvelle impulsion aux relations entre la France et l'Allemagne en focalisant celles-ci sur un agenda de souveraineté accrue pour l'Union européenne, dimanche 22 janvier à Paris, à l'occasion du 60e anniversaire du Traité de l'Élysée.

Avec « le retour de la guerre sur notre continent, ses conséquences énergétiques, économiques », qui s'ajoutent aux grandes transitions climatique et numérique, « notre objectif est le même, celui d'une Europe plus souveraine, plus unie, plus solidaire, maîtrisant pleinement son destin », a déclaré M. Macron à l'issue d'un conseil des ministres franco-allemand. Dans un monde de 10 milliards d'individus, « la France, l'Allemagne (...) ne pourront jouer un rôle qu'en agissant ensemble », assuré M. Scholz.

Le président français a fait valoir « un grand travail de convergence et de synchronisation » entre les deux gouvernements, soulignant « leur détermination totale » à soutenir l'Ukraine aussi longtemps que nécessaire, pour qu'elle puisse se défendre de l'agresseur militaire russe, ainsi que « la solidarité » concrétisée dans la crise énergétique avec des accords de livraison de gaz à l'Allemagne et d'électricité à la France. Personne n'aurait pu dire, il y a un an, que nous devrions nous séparer de 50% de notre approvisionnement en gaz, a relevé M. Scholz, pour qui cette évolution à marche forcée s'est faite « sans crise majeure » - malgré la flambée des prix - grâce à « la solidarité européenne ».

IRA. D'après M. Macron, les deux dirigeants politiques défendent la ligne qu'a énoncée à Davos la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour répondre en Européens à la loi américaine IRA (EUROPE 13101/9) : négociations avec les États-Unis pour obtenir le même traitement que le Canada et le Mexique, mise en place d'un plan industriel assorti d'une réglementation européenne et de « mécanismes de financement » pour soutenir et faciliter l'essor des technologies 'vertes' en Europe. 

« L'UE ne doit pas être traitée moins bien que le Canada », a estimé Olaf Scholz, confiant qu'un accord sera trouvé avec Washington « au premier trimestre ». Selon lui, les aides européennes existantes sont « beaucoup trop bureaucratiques et peu prévisibles ». Il a défendu « un approche différenciée » selon les secteurs, sur la base d'un diagnostic que présentera la Commission début février, quelques jours avant le sommet européen extraordinaire des 9 et 10 février.

Mais le social-démocrate allemand n'a pas évoqué la question des financements, alors que la France souhaite la création d'instruments financiers européens innovants s'inspirant de l'instrument SURE d'aide temporaire pour pallier les régimes de chômage partiel, mis sur pied pour affronter l'arrêt de l'économie pendant la pandémie de Covid-19.

M. Macron a également préconisé une réforme en profondeur du marché de l'électricité alors que le communiqué franco-allemand indique que les deux pays œuvreront à « l’amélioration » du fonctionnement de ce marché. La France et l'Allemagne promettent de travailler à une « feuille de route » commune pour bâtir un marché européen de l’hydrogène, notamment l’hydrogène renouvelable et bas carbone (participation de l'Allemagne au projet H2Med entre l'Espagne et la France).

Réforme institutionnelle. La France et l'Allemagne se disent « ouvertes » à la révision des traités, si nécessaire pour préparer l'UE à de prochains élargissements. À court terme, elles préconisent le vote à la majorité qualifiée au Conseil « pour sortir des impasses constatées, par exemple, sur certains points de la politique étrangère et de sécurité commune et de la fiscalité ».

À noter qu'un groupe de douze experts, dont l'ancienne eurodéputée Pervenche Berès (S&D, française), sera chargé de formuler, d'ici à l'automne, des recommandations sur les réformes institutionnelles de l’UE.

Voir la déclaration conjointe franco-allemande : https://aeur.eu/f/50s  

Voir les conclusions du conseil franco-allemand de défense et de sécurité : https://aeur.eu/f/50t (Mathieu Bion)

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