Les membres de la commission de l’Emploi et des Affaires sociales (EMPL) du Parlement européen ont débattu de la qualité des stages dans l’UE, lundi 23 janvier, en présence de la Commission européenne, qui a récemment évalué le cadre de qualité de 2014 (EUROPE 13096/14), et de la rapportrice luxembourgeoise au PE, Monica Semedo (Renew Europe).
Ils ont partagé un même objectif : assurer aux jeunes des stages permettant des débouchés sur le marché de l’emploi et d’apprendre réellement des choses. Mme Semedo, comme d’autres élus, a souligné l’importance de la rémunération, qui doit au moins couvrir les besoins financiers des stagiaires sur cette période.
Permettre aux jeunes issus de milieux plus défavorisés d’avoir un accès équitable aux stages est une autre priorité alors que certains jeunes ne peuvent se permettre d’effectuer des stages non payés.
Pour l’élue socialiste espagnole Alícia Homs Ginel (S&D), il est temps de mettre fin à des stages qui s’assimilent à de « l’exploitation de main-d’œuvre » et à de la main-d’œuvre « bon marché ». D’autres élus ont insisté sur le besoin de financements pour soutenir les stages, notamment dans les écoles professionnelles, ou le soutien aux stages transfrontaliers. La question de la diversité des pratiques de stages entre les États membres a aussi été soulevée.
Pour la Commission, le caractère non contraignant et non harmonisé des stages dans l’UE constitue bien l’une des principales difficultés, la Commission n’ayant par exemple pas suffisamment de données pour s’assurer de la bonne mise en œuvre de ce cadre européen de qualité.
Pas non plus certaine qu’il soit possible d’aller vers un cadre contraignant sur ce sujet, la Commission s’est donc contentée d’une évaluation très prudente le 10 janvier, a confié sa représentante lundi.
Selon cette évaluation, 13 États membres avaient introduit des modifications législatives dans la foulée de ce cadre de 2014. L’évaluation, préparée par un sondage, avait aussi montré que 85% des jeunes interrogés avaient considéré leur stage « utile ».
Pour la rapportrice au PE, ce cadre de 2014, qui va faire l'objet d'une refonte, doit être revu sur une série d’aspects. Elle insiste ainsi sur le renforcement de la rémunération et de la protection sociale, l’élargissement de la portée des stages, l’accessibilité pour les groupes vulnérables et la prise en compte du phénomène du télétravail. Un accent important doit être mis également sur le mentorat ou le parrainage des jeunes. Il faut aussi remédier au problème de collecte des données.
Dans son rapport, la députée évoque un eurobaromètre (de 2013) dans lequel la majorité des stagiaires interrogés estimaient que leur expérience avait été ou aurait été utile pour trouver un emploi stable (71%), mais où près d’un tiers n'étaient pas de cet avis (28%). Selon cette même enquête, seuls 40% des stagiaires avaient dit avoir reçu une compensation financière et plus de la moitié (53%) l'avaient estimée insuffisante pour couvrir leurs besoins.
Lien vers le rapport : https://aeur.eu/f/50z (Solenn Paulic)