login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13099
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Eurogroupe

Situation macroéconomique, crise énergétique et euro numérique à l'agenda ministériel

Pour la première fois, l'Eurogroupe réunira officiellement, lundi 16 janvier, les vingt ministres des pays de la zone euro, après l'adhésion de la Croatie au 1er janvier 2023.

Les Vingt feront d'ailleurs le point sur le passage du kuna à l'euro sur le territoire croate, processus qui, de l'avis des parties prenantes, s'effectue sans heurt (EUROPE 13091/7). La Bulgarie devrait être le prochain pays à rejoindre la zone monétaire, potentiellement début 2024.

Concernant la situation macroéconomique dans l'Eurozone, les ministres écouteront la Commission, la BCE et le FMI dresser leurs perspectives pour 2023 malgré les nombreuses incertitudes qui demeurent, comme le niveau de l'inflation et l'impact de l'agression russe de l'Ukraine.

Annoncé fin 2022, le risque d'une récession, même limitée, pourrait être écarté. De l'avis de plusieurs sources, certains signaux semblent en effet confirmer cette hypothèse : bonne tenue de l'investissement et de l'emploi, ralentissement graduel de la hausse des prix, même si l'inflation sous-jacente (hors prix énergétiques et denrées alimentaires) n'a pas encore atteint son pic.

Crise énergétique. L'Eurogroupe poursuivra sa coordination des mesures d'urgence prises en 2022 pour contrer la flambée des prix énergétiques, avec la présentation des décisions prises en France (ex. : bouclier tarifaire des prix énergétiques, de l'essence à la pompe) et aux Pays-Bas (ex. : système dual plafonnant les prix énergétiques jusqu'à un certain niveau de consommation). En raison de leur impact sur les finances publiques, il recommande que l'application ciblée des aides d'urgence s'estompe courant 2023 avec le reflux de l'inflation, même si le retrait de ces mesures est politiquement difficile à assumer (EUROPE 13077/14).

Lundi, à Rome, le président de l'Eurogroupe, Paschal Donohoe, avait estimé que l'aide publique liée aux prix de l'énergie représente 1,2% du PIB de l'Eurozone, avec un coût potentiel de 2% du PIB, si elle est étendue à l'ensemble de l'année 2023. « L'objectif est de faire en sorte que les mesures soient plus efficaces, mieux coordonnées, tout en étant budgétairement abordables », avait-il considéré.

Euro numérique. Les ministres évoqueront le projet d'euro numérique que pilote la BCE. Ils adopteront une déclaration récapitulant les différents aspects déjà abordés lors de réunions précédentes (protection des données, rôles des acteurs privés/publics...) ainsi que les principes devant sous-tendre la création d'une telle monnaie banque centrale dématérialisée.

L'objectif est d'orienter les travaux de la Commission européenne, qui devrait présenter au deuxième trimestre une proposition de cadre réglementaire pour l'euro numérique permettant de lancer la phase de réalisation.

Néanmoins, selon une source européenne, ce processus laissera tout de même à la BCE la liberté de décider jusqu'au dernier moment de stopper un tel projet censé aboutir à l'horizon 2026. La volonté politique existe de concrétiser l'euro numérique, a-t-elle toutefois noté.

Gouvernance économique. L'Eurogroupe discutera également d'aspects spécifiques à la zone euro de la réforme du cadre européen de gouvernance économique, tels que la programmation budgétaire pluriannuelle, les sanctions financières, la surveillance post-plan de sauvetage financier. Ce dossier, nécessitant un accord politique au Conseil 'Écofin', est prioritaire pour la Présidence suédoise du Conseil de l'UE (EUROPE 13095/11).

Devrait aussi être entérinée rapidement la recommandation de politique budgétaire au niveau de la zone euro qui préconise une orientation budgétaire globalement neutre pour 2023 (EUROPE 13096/8).

MES. Enfin, les ministres feront le point sur la ratification de la réforme du Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de sauvetage permanent de l'Eurozone (EUROPE 12613/4). L'avis positif de la Cour constitutionnelle allemande permet à l'Allemagne de ratifier l'instrument et est de nature à inciter l'Italie à faire de même. Lors du déplacement à Rome de M. Donohoe, les autorités italiennes ont indiqué que l'Italie allait initier son processus de ratification. Ces deux pays sont les derniers devant mener à bien leur processus de ratification.

Interrogée sur des demandes italiennes de clarification, cette source européenne a souligné qu'« il n'y aura aucune renégociation » de la réforme du MES. Dans un deuxième temps, une réflexion pourra s'engager sur une réorientation des activités du fonds de sauvetage, a-t-elle ajouté. (Mathieu Bion)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
Invasion Russe de l'Ukraine
INSTITUTIONNEL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
BRÈVES