La France et l’Allemagne proposent que l’Union européenne se concentre sur 30 matières premières critiques, qui seraient identifiées par la Commission européenne, afin de concentrer les ressources et maximiser les effets de levier, selon un document conjoint transmis aux États membres jeudi 29 septembre.
Selon ce document obtenu par EUROPE vendredi 30 septembre, les deux États membres demandent que l’action européenne se concentre sur 30 matières premières critiques avec la mise sur pied d’une stratégie de réduction des vulnérabilités d’ici 2030, avec des objectifs sur les productions primaires et secondaires. À ce titre, le document insiste sur la nécessité de fixer les critères de sélection environnementaux, sociaux et de gouvernance les plus strictes, en prenant en compte les besoins des États partenaires et toujours en toute transparence.
Comme annoncé par EUROPE (EUROPE 13026/23), le document est divisé en trois piliers : – améliorer la gestion de crise de l’approvisionnement en matières premières ; – évaluer les instruments de financement existants et les synergies possibles afin de soutenir les investissements nécessaires dans des projets de production de matières premières et de métaux critiques (mines, raffineries et capacités de recyclage) à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union ; – assurer un cadre de marché équitable et durable.
Rouvrir la taxonomie de l'UE et créer un fonds souverain
Par ailleurs, le tandem franco-allemand réclame un nouveau plan d’action sur les matières premières mettant à jour celui de 2020. Ils énoncent également des pistes de réflexion en vue de la création éventuelle d'une Projet important d’intérêt commun européen (PIIEC) pour les matières premières. Ils demandent entre autres l’extension de la période d’éligibilité. Par ailleurs, ils proposent d’inclure les matières premières dans le champ d’application de la taxonomie relative à la finance durable.
Enfin, le document suggère aussi de créer un fonds d’investissement public/privé souverain, combinant fonds propres, prêts et garanties, afin d’investir dans le secteur minier, les activités de raffinerie, le traitement primaire et le recyclage.
Pour accéder au document conjoint : https://aeur.eu/f/3cx (Pascal Hansens)