Des actions fortes et rapides pour amortir le coût de la crise énergétique pour les consommateurs européens, dont les plus vulnérables, un soutien continu aux Ukrainiens dans leur guerre face à Moscou et des efforts décuplés pour répondre à l’urgence climatique. C’est sur tous ces points que sera attendue mercredi 14 septembre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à l’occasion de son troisième discours sur l’état de l’Union. Un discours dont les groupes politiques du PE espèrent qu’il sera à la hauteur des enjeux actuels.
Cette plénière et le débat sur l’état de l’Union constituent « le moment le plus important de l’année », a commenté, le 13 septembre, la présidente du groupe S&D au PE, Iratxe García Pérez (espagnole).
« On a passé un été difficile, on doit réagir », entre la vague d’incendies, « conséquence du changement climatique », et la « hausse des prix de l’énergie et l’ inflation », a commenté l’Espagnole, qui déplore que les mesures envisagées par la Commission « arrivent un peu tard ».
Le groupe défendra mercredi un plafonnement du prix du gaz russe et une action forte contre les bénéfices « incroyables » de producteurs d’énergie. « Tout le monde doit agir et pas seulement les familles », a poursuivi l’Espagnole, soutenant aussi le principe de la réduction de la consommation d’énergie.
Le groupe PPE au PE milite également pour un plafonnement du prix du gaz et du pétrole russe, a-t-il fait savoir le 13 septembre, même si le sujet ne devrait pas encore faire l’objet de propositions de la Commission ce 14 septembre.
« Nous sommes en faveur de solutions fondées sur le marché, mais, à l'heure actuelle, avec des prix du gaz exceptionnellement élevés, une telle intervention peut être un moyen de sortir de cette crise », a indiqué le groupe.
« L’UE doit être à la manœuvre et être la réponse aux questions énergétiques et, plus largement, de souveraineté et de solidarité. Dans les dernières crises (sanitaire, la guerre en Ukraine), les réponses européennes ont pu protéger les Européens », a commenté de son côté Stéphane Séjourné, le président français du groupe Renew Europe.
Sur l’énergie, le groupe plaidera pour des instruments partagés de sobriété énergétique et sera aussi très attentif aux propositions sur la contribution des énergéticiens.
« Il faut s‘assurer que nos gouvernements sont résilients, mais tous n’ont pas fait ce qu’il faut ; donc, on est dans une situation où les prix sont très difficiles à gérer », a commenté de son côté la coprésidente des Verts/ALE, Ska Keller (allemande).
« On attend d’Ursula von der Leyen qu’elle dise que l’UE fait tout ce qu’elle peut pour atténuer l’impact de la crise sur les citoyens et les PME. On voit déjà des niveaux de pauvreté très élevés, il faudra beaucoup de soutien », a-t-elle ajouté.
« La crise a également mis en lumière le besoin d’investir dans les énergies renouvelables » et de ne plus être dépendant « de la Russie ni d’autres puissances ». « Les solutions à la crise énergétique et à la crise climatique sont liées », a ajouté l'Allemande, espérant que la Commission renforcera le 'Pacte vert européen'.
La Gauche, de son côté, attend une vraie réforme du marché de l’électricité, a commenté la coprésidente du groupe, Manon Aubry (française).
S’amusant de l’« inventivité lexicale » de la Commission, qui ne parle pas de taxe sur les énergéticiens, mais de ‘contribution de solidarité’, l'élue plaidera pour une taxe très large, qui puisse permettre de collecter au moins 50 milliards d’euros sur un an. Le groupe espère aussi de l’ambition sur le plafonnement des revenus des autres producteurs d’électricité.
Pour certains élus, il sera aussi très important, mercredi, de faire passer le message selon lequel le soutien à l’Ukraine face à la Russie ne s’oppose pas aux mesures de protection des Européens. Pour Raphaël Glucksmann (S&D, français), le soutien aux sanctions contre la Russie « s’érode », car « il n’y a plus assez d’explications » des gouvernements.
Mais « il ne faut pas lâcher sur les sanctions », reprend Sylvie Guillaume, et faire le jeu des alliés de la Russie au sein même du PE qui profèrent des doutes sur l’efficacité des sanctions pour relayer les intérêts de Vladimir Poutine.
Ursula von der Leyen sera aussi très attendue mercredi sur l’État de droit et la défense des droits fondamentaux, au moment où la Hongrie négocie l’argent du Plan de relance européen et que des scandales d’écoute de journalistes ou d’opposants politiques se multiplient. (Solenn Paulic avec la rédaction)