Le Haut Représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, a réitéré, lundi 18 juillet, que le Kremlin est seul responsable de l'aggravation de la faim dans le monde et non les sanctions de l'UE imposées à la Russie pour son invasion de l'Ukraine.
En martelant devant la presse la position de l'UE, à l'issue de la réunion des ministres européens des Affaires étrangères, qui a de nouveau abordé la question des céréables bloquées en mer Noire, il a affirmé que la Russie « veut détruire la nation ukrainienne tout en créant en même temps une crise alimentaire et énergétique ».
D'où la nécessité, selon lui, de « contrer le narratif russe » tant sur la flambée des prix des denrées alimentaires que celle des prix du pétrole - ce dont ont discuté les ministres des États membres de l'UE (EUROPE 12994/10).
« Dès le début, les exportations de denrées alimentaires et d'engrais étaient hors champ des sanctions. Et, dans les nouvelles sanctions envisagées, il n'y a aucune mesure restrictive au commerce des engrais et des denrées alimentaires et pas de limites sur les capacités bancaires pour les paiements », a répété M. Borrell.
Il a aussi rappelé que, « si certains opérateurs économiques essaient d'éviter certains marchés », l'UE leur explique que rien n'empêche d'exporter. « Nous faisons tout ce que nous pouvons pour transporter ces céréales par d'autres moyens, par les voies de la solidarité, par la mer Noire, par la Roumanie, par la Bulgarie. Mais cela ne suffit pas, alors j'espère (...) que, cette semaine, il sera possible de parvenir à un accord pour débloquer Odessa et d'autres ports ukrainiens », avait déclaré M. Borrell à son arrivée au Conseil.
Il était interrogé sur l'accord de principe UE/Ukraine/Turquie/Nations Unies pour établir un corridor maritime sécurisé permettant de sortir les céréales d'Ukraine. Les négociateurs de la Russie, l'Ukraine, la Turquie et des Nations Unies se reverront mercredi en Turquie.
Mais avant cela, les présidents russe, Vladimir Poutine, et turc, Recep Tayyip Erdoğan, se rencontreront à ce sujet ce mardi en Iran, selon le Kremlin cité par l'AFP.
En attendant, le ministre croate Gordan Grlić Radman, s'exprimant lundi à Bruxelles, a dit la disponibilité de son pays à « agir, selon ses capacités, via les ports de l'Adriatique pour transporter les céréales ».
Le ministre luxembourgeois Jean Asselborn, quant à lui, a formulé devant les caméras l'espoir qu'intervienne « un changement d'état d'esprit sur les différents continents et que l'on réalise que les pénuries ne proviennent pas des sanctions de l'UE ». (Aminata Niang)