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Bulletin Quotidien Europe N° 12995
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POLITIQUES SECTORIELLES / SÛretÉ alimentaire

Les ministres de l’UE très critiques sur la proposition concernant l’utilisation durable des pesticides

Les ministres de l’Agriculture des pays de l’UE se sont montrés pour la plupart très critiques sur la proposition de règlement sur l’utilisation durable des pesticides.

Les ministres ont fait part de leurs préoccupations concernant les objectifs, au niveau de l'UE, visant à réduire de 50% d'ici 2030 l'utilisation et le risque des pesticides chimiques et l'utilisation des pesticides les plus dangereux (EUROPE 12977/16).

Ils ont presque tous critiqué les dispositions du texte visant une interdiction de l'utilisation de tous les pesticides dans les zones sensibles (et dans un rayon de 3 mètres autour de ces zones), telles que les parcs ou jardins publics, les terrains de jeux, de loisirs ou de sport, les chemins publics ainsi que les zones écologiquement sensibles.

La Pologne, notamment, a parlé d’une proposition décevante, qui n’est pas acceptable en l’état. Ce pays a parlé d’une réduction drastique des pesticides proposée sans fournir les données scientifiques robustes et les études d’impact sur les effets de cette réduction, notamment sur la sécurité alimentaire. Ces efforts demandés risquent de mettre en péril la sécurité alimentaire et d’augmenter la dépendance de l’UE à l’égard des importations de certains produits agricoles, a résumé la Pologne, dont les propos sur la sécurité alimentaire ont été repris par plusieurs autres délégations (Irlande, Hongrie, Lituanie, Slovaquie, Roumanie, Pays-Bas, Portugal, Italie). La France a plaidé sur l’intégration de mesures miroirs (interdiction de produits importés contenant des pesticides non autorisés).

L’Espagne a estimé qu’il fallait connaître le calcul pour arriver à ces objectifs de réduction des pesticides. 

L’Allemagne s’est montrée plus ouverte que les autres pays, évoquant une proposition cohérente, même si les crises qui s’enchaînent appellent à trouver un bon équilibre.

Les Pays-Bas se sont dits ravis de voir cette proposition, mais attention à l’impact sur la sécurité alimentaire.

Zones sensibles. Presque tous les États membres (Espagne, Italie, Pologne, Slovénie, Estonie, Chypre, Hongrie, Finlande…) ont dit tout le mal qu’ils pensent des dispositions destinées à bannir les pesticides dans les zones sensibles. Pour l’Espagne, cette interdiction n’est pas réaliste, car elle risque d’entraîner la création d’un réservoir de nuisibles (insectes). Cette proposition est totalement inacceptable, a lancé la Slovénie, car cela rendrait impossible la culture dans ces zones. Le Portugal a évoqué, dans ce contexte, les problèmes potentiels en ce qui concerne la culture du riz.

 Lebusiness as usual’ n’est pas une option. Stella Kyriakides, la commissaire à la Santé, a pris note des préoccupations exprimées par les ministres. Les objectifs sont ambitieux, certes, mais des flexibilités sont prévues dans le texte proposé, a répondu la commissaire. Elle a rappelé les effets négatifs des produits phytopharmaceutiques sur la biodiversité et la santé humaine et a lancé une mise en garde : le ‘business as usual’ n’est pas une solution acceptable, surtout que le texte ne doit pas être mis en œuvre dès demain.

Des mesures sont prévues, en outre, pour aider les agriculteurs à répondre aux nouvelles exigences et trouver des solutions alternatives et développer de nouvelles technologies, a assuré Mme Kyriakides.

Enfin, elle a affirmé qu’il était impossible d’assurer la sécurité alimentaire sans la durabilité en matière d’aliments. (Lionel Changeur)

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