Bien que le président en exercice du Conseil 'Écofin', le Français Bruno Le Maire, n’ait pas voulu ouvrir la discussion sur le siège de l'AMLA, plusieurs ministres européens des Finances ont mis en avant les atout de leur pays pour accueillir la future autorité européenne de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, vendredi 17 juin, lors d'un débat ministériel à Luxembourg.
Carsten Pillath, secrétaire d’État allemand, a lancé le débat en développant longuement ses arguments pour que Francfort soit désignée. « C'est un centre financier important, avec une accessibilité géographique inégalée et une qualité de vie élevée. Elle dispose d’un vivier de talents unique et de premier ordre », a exposé M. Pillath.
Pour sa part, la ministre luxembourgeoise, Yuriko Backes, a préconisé que l’AMLA s'établisse près de la Cour de justice de l’UE et du Parquet européen (EPPO), qui se trouvent à Luxembourg.
Sans développer d’arguments, d'autres pays de l'UE, comme la Lettonie ou la Lituanie, ont ironisé en rappelant que leurs capitales étaient aussi « de jolies villes ».
L'Espagnole Nadia Calviño, voulant clore le débat, a insisté sur la nécessité de mettre en place « une procédure équitable et transparente » pour désigner le siège de l'AMLA.
Le débat s’annonçant vif, les corapporteurs du Parlement européen souhaitent établir des critères importants pour résoudre cette question (EUROPE 12972/23).
Outre cette question du siège, l’importance de cette autorité a fait consensus. « L’AMLA devrait devenir opérationnelle dès que possible. Il est important de s'assurer que ses ressources soient proportionnelles à sa mission, nécessaires pour assurer un calibrage approprié et être en mesure de fonctionner », a souligné Mme Backes.
Le ministre lituanien, Mindaugas Liutvinskas, a mentionné le cadre de travail de l’AMLA qui, selon lui, devrait couvrir les entités selon « une approche basée sur le risque ».
« Des efforts significatifs sont consacrés à la conception de l’AMLA, c’est un point critique car l'autorité remodèlera le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent », a défendu la commissaire européenne aux Services financiers, Mairead McGuinness.
La Présidence française espère que le Conseil de l'UE sera en mesure d'arrêter une position de négociation avec le PE d’ici fin juin.
Ce dossier est connexe à d'autres propositions législatives ayant un impact dans la lutte contre le blanchiment d'argent en cours de négociation, notamment l'encadrement des cryptoactifs. « Nous avons vu récemment l'importance d'une mise en œuvre efficace de nos sanctions, de la transparence de la propriété effective et des cryptoactifs », a noté Mme McGuinness.
D'après M. Le Maire, la Présidence française espère un accord avec le Parlement d'ici la fin du semestre sur la révision de la directive sur les transferts de fonds (EUROPE 12942/23) et sur la réglementation des cryptoactifs (MiCA) (EUROPE 12968/2). (Anne Damiani)