Sur la lancée des réponses de l'UE à la Covid-19 par la vaccination sur son territoire et dans les pays tiers à faibles et moyens revenus et compte tenu de la volonté de l'UE et ses États membres que soit conclu en 2024 un traité international contraignant de l'OMS sur la prévention et la gestion des futures pandémies, la Présidence française du Conseil entend que l'UE mette à jour sa stratégie en matière de santé mondiale, qui remonte à 2010.
Les ministres européens de la Santé seront donc invités à un échange de vues à ce sujet le 14 juin pour définir leurs priorités et les moyens de renforcer 'notre coordination et notre influence en matière de santé mondiale'.
Le thème de cet échange a été validé par les ambassadeurs des Vingt-sept auprès de l'UE (Coreper), mercredi 1er juin, en même temps qu'une 'note de cadrage' de la Présidence.
« Dès le début de la crise sanitaire, l’UE a défendu une réponse multilatérale forte et a apporté son soutien au rôle de chef de file de l’OMS dans la coordination de la réponse aux urgences sanitaires », se félicite la Présidence française, reprenant l'historique depuis le Sommet mondial de la santé de Rome (EUROPE 12724/5, 12687/8), le soutien à la production de vaccins à ARN-m en Afrique (EUROPE 12918/30, 12894/1), jusqu'à la négociation en cours d'un accord international sur les pandémies, qui permettrait à l'OMS d'avoir des pouvoirs exécutifs (EUROPE 12921/16), et la modification préalable du Règlement sanitaire international de 2005.
À la 75e Assemblée mondiale de la santé, fin mai, l'UE et ses États membres ont soutenu les amendements proposés par les États-Unis, mais une majorité de pays, dont l'Afrique du Sud, la Chine, la Russie et le Brésil, ont fait part de leurs préoccupations quant à une possible perte de souveraineté.
La note de la Présidence française souligne que le 19 mai, lors de la réunion du G7 'Santé', la commissaire européenne Stella Kyriakides et sa collègue aux Partenariats internationaux, Jutta Urpilainen, ont « officiellement annoncé le lancement des travaux en vue de la révision de la stratégie de l'UE en matière de santé mondiale » par une déclaration commune (EUROPE 12956/22).
Parmi les changements profonds intervenus depuis 2010 et justifiant, selon elle, cette mise à jour, la Présidence invoque « l’adoption de l’Agenda 2030 et des objectifs de développement durable (ODD) [de l'ONU], l’Accord de Paris sur le climat, la pandémie de Covid-19, le retour de la guerre sur le continent européen, ainsi que l’émergence de nouvelles zoonoses ».
À cet égard, elle cite déjà la variole du singe, dont les premiers cas sont apparus dans les seuls pays occidentaux - en Europe et aux États-Unis.
La Présidence précise que « dans un contexte d’interdépendance accrue entre les interfaces humaine, animale et environnementale, de transitions climatique et numérique, l’approche 'Une seule santé' sera au cœur de la stratégie révisée ».
Voir la note : https://aeur.eu/f/1wb (Aminata Niang)