« 2022 restera dans les mémoires comme une année de violences terribles et de changements cataclysmiques pour l’Europe », écrit la Secrétaire générale du Conseil de l’Europe en amorce de son rapport annuel publié mercredi 4 mai, à la veille du 74e anniversaire de la plus ancienne et la plus vaste des organisations paneuropéennes.
Revenant longuement sur la guerre lancée par la Russie contre l’Ukraine le 24 février, Marija Pejčinović Burić rappelle que la raison d’être du Conseil de l’Europe est de réaliser une union plus étroite – fondement de paix - entre ses membres tout en promouvant la défense des droits de l’homme, de la démocratie et de l’État de droit.
Ces objectifs clairs exprimés dans des statuts ostensiblement violés par Moscou ont conduit à l’exclusion de la Russie le 16 mars dernier, rappelle la Secrétaire générale : « retenir la Fédération de Russie dans ces circonstances serait revenu à ôter tout sens aux mots et à compromettre sans retour la crédibilité de l’Organisation ».
Il s’agit aussi d’un « avertissement pour nous tous », poursuit-elle, « ce qui est arrivé pourrait se produire encore », car le multilatéralisme repose non sur les promesses des États, mais sur le fait que celles-ci soient tenues.
Marija Pejčinović Burić appelle donc à un 4e Sommet des chefs d’État et de gouvernement, qui serait pour les 46 États membres du Conseil de l’Europe l’occasion de réaffirmer leur volonté de « donner une force, une unité et une cohérence accrues au Conseil de l’Europe, pièce maitresse de la sécurité démocratique en Europe, agissant dans l’intérêt de tous les individus ».
Fort de 66 pages, le rapport détaille l’état d’avancement de l’Organisation sur l’ensemble des priorités correspondant à son nouveau « Cadre stratégique » : mise en œuvre de la Convention européenne des droits de l’homme, efficacité des systèmes judiciaires, lutte contre les discriminations, le racisme, la corruption, la désinformation, la traite des êtres humains, etc.
Cela, avec de nouvelles thématiques telles que l’intelligence artificielle, la défense de l’environnement par le droit ou encore l’éducation à la citoyenneté démocratique, l’autonomisation des jeunes et le renforcement de leur rôle dans les processus démocratiques.
Marija Pejčinović Burić y exprime aussi de fortes inquiétudes sur la montée en puissance de phénomènes tels que les discours de haine en ligne, les menaces sur la liberté de la presse et la sécurité des journalistes ou encore les inégalités sociales et la pauvreté exacerbées par la crise de la Covid-19.
Lien vers le rapport « Aller de l'avant 2022 » : https://aeur.eu/f/1i5 (Véronique Leblanc)