La Conférence des régions périphériques et maritimes (CRPM) a exprimé ses craintes face au dévoiement croissant des fonds de la politique de cohésion pour répondre aux crises, dans un rapport présenté lundi 11 avril.
Face aux recours accrus au budget de la politique de cohésion durant la pandémie (les initiatives CRII et CRII+) et durant la guerre en Ukraine (les initiatives CARE et CARE+), l’association régionale, dans son rapport rédigé par son directeur, Francesco Molica, s’inquiète de cette tendance, qui soulève une question cornélienne pour l’avenir de la politique de cohésion.
En effet, ce dévoiement (qui a commencé dès 2015 avec la crise des réfugiés – EUROPE 11553/13) pour répondre à des crises est à double tranchant : soit il risque « d’éroder » l’identité de la politique de cohésion, politique structurelle inscrite dans le temps long, l’exposant potentiellement à des coupes budgétaires à l’avenir, soit cette flexibilité est la condition pour préserver l’enveloppe budgétaire de la politique de cohésion post-2027.
Pour l’auteur, dans la préparation de la politique de cohésion post-2027, il faut dès lors trouver un équilibre entre les objectifs à court terme et ceux à long terme ou encore sur le degré de flexibilité à introduire pour éviter de porter atteinte aux principes cardinaux de la cohésion.
Quant à savoir si d’autres instruments du cadre financier pluriannuel (CFP) spécifiquement destinés à la réaction aux crises pourraient être mieux adaptés que la politique de cohésion et devraient être réformés et renforcés, la question reste ouverte. M. Molica déterre en outre une proposition du Parlement européen de 2015 pour créer une réserve permanente pour répondre aux imprévus dans le prochain CFP (EUROPE 11385/11).
Pour accéder au document de réflexion : https://aeur.eu/f/17d
Pour lire le rapport du PE de 2015 qui propose une réserve permanente : https://aeur.eu/f/17e (Pascal Hansens)