Une offensive immédiate de la Russie dans l'est de l'Ukraine et son cortège de victimes civiles étaient redoutés par les ministres des Affaires étrangères des Vingt-sept, réunis lundi 11 avril à Luxembourg, mais le soutien humanitaire à l'Ukraine a été abordé à la marge, au lendemain de la campagne 'Stand up for Ukraine' qui a réussi à mobiliser 10,1 milliards d'euros de plus pour les réfugiés ukrainiens et les 7,1 millions de déplacés internes.
« Nous avons fait part de l'horreur que nous avons découverte », a déclaré le Haut Représentant, Josep Borrell, qui a fait aux ministres le compte-rendu de sa visite en Ukraine avec Ursula von der Leyen, citant « des civils assassinés » et « des atrocités humaines ».
Le même jour, le chancelier autrichien, Karl Nehammer, se rendait à Moscou pour rencontrer M. Poutine - un déplacement qu'il effectuait de sa propre initiative, salué par le chancelier allemand, Olaf Scholz, et accueilli avec circonspection par M. Borrell : « On verra », a-t-il répondu, interrogé sur ce qu'il attendait de cette visite.
Le ministre autrichien en a expliqué le double objectif. « Nous devons saisir la moindre chance de mettre un terme à l'enfer humanitaire en Ukraine. Le chancelier part avec des messages très clairs, de nature humanitaire et politique. » Et de préciser, notamment : « Nous voulons que la guerre prenne fin. Nous voulons des corridors humanitaires. Nous voulons que les organisations humanitaires internationales puissent faire leur travail ».
Les ministres ont également discuté de l'impact de la guerre en Ukraine sur la sécurité alimentaire mondiale. « L'Afrique fera face à des pénuries certaines à venir. Nous devons réfléchir à la meilleure façon d'agir», a dit M. Borrell.
Évoquant « 47 millions de personnes supplémentaires qui souffriront de la faim dans le monde à cause de la guerre d'agression russe », la ministre allemande, Annalena Baerbock, citant les chiffres de l'ONU, a indiqué à la presse qu'elle se rendrait au Sahel le soir même « pour discuter aussi de la sécurité alimentaire en Afrique ». (Aminata Niang)