Les ministres des Affaires étrangères de 15 États membres (l'Irlande, la Belgique, Chypre, l'Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, la Pologne, le Portugal, l'Espagne et la Suède) ont appelé la Commission européenne, vendredi 8 avril, à débloquer les fonds d’aide de l’UE à la Palestine pour 2021, s’inquiétant du retard persistant dans son versement, en raison des propositions de la Commission de conditionner le financement à la réforme du secteur de l'éducation (EUROPE 12921/22).
« Comme vous le savez, l'Autorité palestinienne se trouve dans une situation difficile et connaît une grave crise budgétaire, encore aggravée par l'inflation des prix du pétrole et du blé causée par la guerre en Ukraine », ont-ils souligné dans une lettre à destination du commissaire au Voisinage, Olivér Várhelyi, révélée par Politico. Selon eux, le retard dans le déblocage de l’aide pourrait affaiblir l’Autorité palestinienne. De plus, l'introduction d'une conditionnalité à un moment où l'Autorité palestinienne s'est déjà engagée dans un programme ambitieux de réforme de l'éducation « risque de saper, voire d'inverser, les progrès accomplis à ce jour » et pourrait nuire au dialogue entre les Européens et les Palestiniens, ont prévenu les ministres.
« Il est clair que la proposition actuelle de la Commission, qui vise à introduire une conditionnalité dans le secteur de l'éducation, ne bénéficie pas d'un large soutien. Lors du vote, dix-huit États membres ont voté contre ou se sont abstenus », ont rappelé les ministres.
Lundi 11 avril, à son arrivée au Conseil des Affaires étrangères, le ministre irlandais, Simon Coveney, a estimé qu’il n’y avait « aucune justification » pour ce retard. « Il y a déjà assez de problèmes dans le monde pour en créer plus », a-t-il ajouté.
Voir la lettre : https://aeur.eu/f/17f (Camille-Cerise Gessant)