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Bulletin Quotidien Europe N° 12914
ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

Guerre en Ukraine, Mali et 'boussole stratégique' au menu des Conseils 'Affaires étrangères' et 'Affaires étrangères Défense'

Les ministres européens des Affaires étrangères se retrouveront lundi 21 mars à Bruxelles pour leur Conseil régulier, lors duquel ils reviendront, une nouvelle fois, sur la guerre en Ukraine.

Ukraine. Les ministres discuteront du soutien militaire à apporter à l’Ukraine. Jeudi 17 mars, le ministre ukrainien de la Défense, Oleksii Reznikov, a appelé les Européens, lors d'une audition au Parlement européen, à renforcer leur soutien (EUROPE 12913/1).

Après une première aide de 500 millions d’euros agréée dans le cadre de la Facilité européenne pour la Paix (FEP), le Haut Représentant de l'UE, Josep Borrell, avait annoncé, lors du sommet de Versailles, vendredi 11 mars, une nouvelle aide de 500 millions.

Un haut fonctionnaire a expliqué qu’il n’y aurait pas de décision sur ce nouveau paquet lors du Conseil, car certains États membres ont des réserves parlementaires. Le Bundestag allemand doit, par exemple, se prononcer sur cette nouvelle aide, mercredi 23 mars. « Tous les États membres sont d’accord pour soutenir l’Ukraine en fournissant des équipements militaires », a expliqué un haut fonctionnaire, alors qu’une autre source a précisé qu’aucun État membre ne mettait en question la poursuite du soutien militaire.

Le haut fonctionnaire a révélé que le total des demandes sous la FEP était supérieur à 500 millions d’euros, soit le montant du 1er paquet, ce qui justifie le 2e. Cependant, moins de 500 millions d'euros ont pour l’instant été validés, « mais nous y serons vite », a-t-il expliqué.

En outre, selon une source européenne, une large partie du débat – qui devrait se poursuivre lors du sommet européen des 24 et 25 mars - portera sur les sanctions. Les ministres discuteront des moyens de s’assurer que celles qui sont déjà adoptées soient bien mises en oeuvre (voir autre nouvelle), qu’il n’y ait pas de moyens de les contourner, mais aussi de possibles nouvelles mesures.

Vendredi 18 mars, le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kuleba, a annoncé avoir discuté avec Josep Borrell de la préparation d’un cinquième paquet de sanctions. « La pression continuera à augmenter tant qu'elle sera nécessaire pour arrêter la barbarie russe », a expliqué M. Kuleba sur Twitter.

Selon une source européenne, les États membres sont prêts à adopter rapidement des sanctions supplémentaires. « S’il y a un besoin d’adopter des sanctions, on le fera », a ajouté une source diplomatique, bien qu'aucune décision ne devrait être prise lundi.

Les chefs de la diplomatie pourraient aussi se pencher sur la lutte contre la désinformation et le moyen d’atteindre le public russe.

La discussion entre les ministres devrait en outre porter sur la coopération avec les alliés et les pays partenaires, que ce soit en termes de sanctions ou pour isoler la Russie sur la scène internationale. Une réunion des dirigeants du G7 se tiendra jeudi 24 mars à Bruxelles, en marge des sommets de l’OTAN et européen, qui porteront tous, entre autres, sur la guerre en Ukraine.

De son côté, la présidente du Parlement européen a annoncé, vendredi 18 mars, qu’à compter de ce jour, les membres diplomatiques et gouvernementaux russes et biélorusses étaient interdits d’entrée au PE.

La situation humanitaire catastrophique en Ukraine et dans les pays voisins après trois semaines de guerre sera discutée à l’heure où les combats s’intensifient à Marioupol et dans Kiev et où des civils et des infrastructures civiles sont ciblées. « Au-delà des efforts diplomatiques pour obtenir un cessez-le-feu immédiat, il y a une forte mobilisation européenne pour que le soutien humanitaire puisse parvenir à ceux qui en ont besoin ainsi qu'un appel constant au respect du droit humanitaire international », soulignait un diplomate européen vendredi.

Plus de 500 millions d'euros d’aide humanitaire ont été annoncés par l’UE pour l’Ukraine et la Moldavie, qui accueille 300 000 réfugiés, s’ajoutant aux 90 millions d'euros d’aide d’urgence initiale annoncée le 27 février pour couvrir les besoins essentiels des populations dans ces deux pays (EUROPE 12902/5). 29 pays européens ont en outre répondu aux demandes d’assistance de l’Ukraine via le mécanisme de protection civile de l’UE (EUROPE 12911/7).

Les ministres devraient aussi se pencher sur la situation des réfugiés ukrainiens. Plus de 3,2 millions de personnes ont déjà quitté le pays, dont plus de 2 millions via la Pologne, et cela pourrait s'intensifier alors que des bombardements ont désormais également lieu dans l’ouest de l’Ukraine.

La résilience des pays du voisinage de l’Ukraine et de la Russie sera également discutée avec le ministre moldave, Nicu Popescu. Les ministres devraient discuter des moyens d’aider le pays qui, avant la guerre, connaissait déjà des difficultés, notamment sanitaires avec la pandémie de Covid-19, et en matière d'énergie (EUROPE 12903/3).

Selon une source, les chefs de la diplomatie verront ce qu’il peut être fait de plus, notamment en termes humanitaires, mais aussi énergétique ou pour rerouter les flux commerciaux, la Moldavie travaillant énormément avec la Russie et l’Ukraine.

Chisinau, qui a un accord d’association et une zone de libre-échange complet et approfondi avec l’UE, a déposé, le 3 mars, une demande d’adhésion à l’UE (EUROPE 12903/11).

En fin d’après-midi, les ministres de la Défense de l’UE discuteront eux aussi de la situation en Ukraine, en particulier sous l’angle militaire. Ils devraient s’entretenir par visioconférence avec leur homologue ukrainien de la Défense, Oleksii Reznikov. La discussion complètera celle tenue, mercredi 16 mars, au sein de l’OTAN (EUROPE 12912/1).

Afrique. Les chefs de la diplomatie européens discuteront en outre, lors de leur Conseil, de la situation au Sahel, et en particulier au Mali.

La menace terroriste s’étend vers les États côtiers et la situation au Mali est complexe, avec l’annonce du retrait des opérations Takuba et Barkhane, l’expulsion de l’ambassadeur français et des troupes danoises, la présence des mercenaires du groupe Wagner et des allégations d’exactions commises par l’armée malienne.

Les ministres vont regarder comment renforcer l’engagement au Sahel sur les plans politique, du soutien de la population, de la communication, également en lien avec les organisations régionales, a expliqué une source européenne. Selon elle, les ministres discuteront du renforcement du soutien aux États côtiers du Golfe de Guinée.

Les chefs de la diplomatie devraient également se pencher sur l’avenir des missions PSDC de l’UE au Mali : EUCAP Sahel Mali et EUTM Mali. Cependant, selon un haut fonctionnaire européen, aucune décision ne devrait être prise lors du Conseil. En effet, les Européens attendent la réponse à une lettre envoyée aux autorités maliennes le 8 mars sur les garanties pour la poursuite des missions, y compris concernant le fait que le personnel formé par l’UE ou le matériel que cette dernière fournit puissent ensuite servir au groupe Wagner.

Selon un document obtenu par EUROPE (12904/17), le Service européen pour l’action extérieure a préconisé une régionalisation de l’action de l’UE avec une concentration de la mission EUTM Mali sur son mandat malien et la création de missions PSDC au Burkina Faso, si les conditions le permettent et/ou au Niger. 

Ces missions, tout comme EUCAP Sahel Niger, doivent faire l’objet d’une révision stratégique dans les prochaines semaines.

Parmi les points d’actualité, les ministres aborderont rapidement, à la demande de l’Italie, la situation en Éthiopie pour appeler de nouveau à la cessation du conflit et des violences, demander l’accès humanitaire un dialogue politique pour résoudre la crise (EUROPE 12865/24)

Par ailleurs, le Conseil adoptera  sans débat des conclusions sur le Cameroun.

Boussole stratégique. Enfin, lors d’une réunion conjointe avec leurs homologues de la Défense, les ministres des Affaires étrangères discuteront et devraient adopter la 'Boussole stratégique'. Ce document stratégique devrait ensuite être repris à leur compte par les chefs d’État ou de gouvernement, jeudi 24 mars, lors de leur Conseil européen.

Si un projet de texte récent met l’accent sur l’invasion russe en Ukraine et ses conséquences (EUROPE 12905/8), la Boussole a pour objectif de définir les orientations pour le développement de la défense européenne au cours des cinq à dix prochaines années dans les domaines de la gestion de crise, de la résilience, du développement des capacités et des partenariats. Parmi les mesures phares de cette 'Boussole', la création d’une capacité de déploiement rapide de l’UE de 5 000 hommes ou le renforcement de la mobilité militaire.

Le Haut Représentant avait présenté sa proposition le 10 novembre (EUROPE 12830/2), proposition qui a ensuite fait l’objet de négociations entre États membres. Vendredi 18 mars, les discussions se poursuivaient en vue d’un accord sur le texte. Le rôle à donner à l’OTAN poserait notamment encore question, entre les Pays baltes et la Pologne qui souhaitaient davantage insister sur ce rôle, et les pays neutres qui sont plus réticents.

Macédoine du nord. En amont du Conseil se tiendra un petit déjeuner avec le ministre des Affaires étrangères de Macédoine du nord, Bujar Osmani. (Camille-Cerise Gessant avec Aminata Niang)

 

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