Alors que l’invasion russe de l’Ukraine a provoqué une nouvelle hausse des prix du gaz en Europe, le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, a annoncé qu’il avait proposé aux autres États membres de l’Union européenne de mettre en place un plafonnement à Vingt-sept des prix du gaz, vendredi 18 mars, au cours d’une audition devant les commissions des Finances et des Affaires économiques de l’Assemblée nationale française.
Selon lui, cela permettrait aux États membres de négocier un prix à 27 qui soit un prix plafonné avec les trois principaux fournisseurs de gaz de l’UE, la Russie, la Norvège et l’Algérie.
Selon un haut diplomate européen, au moins la moitié des États membres, en particulier les pays du Nord, auraient néanmoins des doutes concernant cette proposition.
« Ce serait une intervention sur le marché qui heurte certains de nos partenaires européens », a d’ailleurs reconnu M. Le Maire.
Ce sujet fera certainement partie des discussions entre les 27 chefs d’État ou de gouvernement des États membres lors du prochain sommet européen, les 24 et 25 mars.
Les États membres du Sud s’organisent
En vue de ce sommet, les dirigeants de l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Grèce se sont rencontrés à Rome, vendredi, afin de définir une approche commune concernant la hausse des prix de l’énergie.
Leur objectif : convaincre les autres États membres de la nécessité de prendre des mesures directement applicables au niveau de l’UE, telles que des achats communs de gaz.
« Nous voulons pousser la Commission européenne et les autres pays membres à adopter des mesures importantes, de protection pour tous les États, dans un domaine décisif pour notre avenir », a déclaré à cette occasion le Premier ministre italien, Mario Draghi.
Et son homologue grec, Kyriakos Mitsotakis, d’ajouter : « Aucun pays ne peut affronter seul une telle crise avec une pleine efficacité ».
Dans son nouveau paquet législatif relatif au gaz présenté le 15 décembre dernier, la Commission avait proposé d’améliorer la coordination du stockage du gaz dans l’UE et de prévoir la possibilité d’achats communs volontaires de réserves de gaz.
Selon le texte, les États membres pourraient mettre en place un mécanisme d’achat en commun de stocks stratégiques par les gestionnaires de réseau de transport, en notifiant au préalable à la Commission une série d’informations telles que le volume de gaz prévu pour achat ou encore les coûts et les bénéfices anticipés.
Cette proposition n’en est néanmoins qu’au début du processus législatif.
De son côté, le Premier ministre portugais, António Costa, a souligné la nécessité de contrôler les prix du gaz. (Damien Genicot)