Les ministres de l’Agriculture des pays de l’UE se réunissent mercredi 2 mars, de manière informelle et en visioconférence, afin de discuter des moyens d’éviter une trop grande perturbation des marchés agricoles en raison de l’invasion russe en Ukraine.
L’invasion risque de se traduire par « des perturbations sur les marchés mondiaux de produits agricoles et des produits de base nécessaires à la production agricole, tels que l’énergie et les engrais », indique la Présidence française du Conseil de l’UE dans une note vue par EUROPE, élaborée pour préparer les débats (EUROPE 12900/9).
L'Ukraine et la Russie sont des acteurs majeurs sur le marché mondial des céréales et des oléagineux. L’Ukraine représente 11% du marché mondial du blé, 16% du marché de l’orge et est devenue un fournisseur important de l’Union européenne : le premier fournisseur en ce qui concerne le maïs et les graines de colza.
La Russie constitue le premier fournisseur de combustibles de l’UE et les exportations d’engrais russes vers l’Union représentent environ 30% des importations européennes d’engrais.
Dans ce contexte de renchérissement probable des coûts de production, une attention particulière devra être apportée à court terme aux filières animales confrontées à une hausse du prix des aliments pour animaux, selon la Présidence française du Conseil de l'UE.
Il faudrait aussi suivre les conditions d’exportation d’intrants en Ukraine, notamment des semences (pour assurer la campagne de production 2022/2023).
Dans un tel contexte, « il est crucial que la Commission européenne apporte une visibilité maximale à l’ensemble des acteurs du secteur agricole européen afin, notamment, d’éviter toute surenchère dans l’évolution des prix et de fournir les informations les plus à jour en matière d’approvisionnement », explique la note française.
Parmi les pistes évoquées dans la note figurent :
- un suivi le plus fin possible de l’évolution des marchés, aux niveaux européen et international (via le mécanisme européen de préparation et de réaction aux crises de sécurité alimentaire, les observatoires de marché…) ;
- un suivi spécifique des approvisionnements en alimentation animale des filières européennes de productions animales (suivi en volume et en prix), avec une attention particulière pour la filière porcine ;
- un suivi particulier de l’évolution des prix de l’énergie et des engrais (la Commission doit bientôt adopter une communication pour une énergie plus abordable, plus sûre et plus durable ) ;
- anticiper de manière proactive la mobilisation des mesures de marché autorisées dès que la situation de marché l’exigera ;
- identifier et activer, le cas échéant, les leviers réglementaires permettant d’accroître la capacité de production européenne de produits agricoles et assurer la souveraineté alimentaire, en particulier si la campagne de production 2022/2023 en Ukraine était compromise.
Enfin, une référence est faite au besoin de mobiliser les enceintes internationales compétentes (FAO, FIDA, PAM, OCDE, G20...) pour trouver des solutions.
La France prépare, au niveau national, un plan de résilience pour soutenir les exploitations agricoles et sécuriser les revenus et l’approvisionnement en énergie et en intrants. (Lionel Changeur)