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Bulletin Quotidien Europe N° 12901
Invasion Russe de l'Ukraine / Économie

Les réunions de coordination internationale s'enchaînent en vue d'un 4e paquet de mesures économiques et financières visant la Russie

Les réunions de coordination entre les ministres des Finances des pays de l'Union européenne et du G7 s'enchaînent, depuis lundi 28 février, dans le but de mettre sur la table un quatrième paquet de sanctions économiques et financières visant à asphyxier l'économie de la Russie après son invasion de l'Ukraine.

Mardi 1er mars, en présence du ministre ukrainien des Finances, Sergii Marchenko, le G7 'Finances' a procédé à un échange de vues « sur la mise en œuvre des sanctions actuelles et nous avons également échangé des propositions sur les mesures supplémentaires qui pourraient être prises », a déclaré le ministre allemand des Finances, Christian Lindner, dont le pays assume la présidence du G7 en 2022.

L'objectif était de faire le point sur les sanctions déjà prises visant les avoirs de la Banque de Russie et le secteur bancaire russe (EUROPE 12900/8). Ces mesures visent, ni plus ni moins, à « provoquer l'effondrement de l'économie russe », a déclaré le ministre français, Bruno Le Maire, au micro de Radio France. Selon lui, « le rapport de force économique et financier est totalement en faveur de l'UE, qui est en train de découvrir sa puissance économique ».

Annoncé comme imminent, un nouveau train de mesures inclura l'expulsion d'un certain nombre de banques russes du système Swift, cette architecture financière qui permet d'échanger des informations sur les paiements interbancaires à l'échelle globale entre 11 000 institutions financières.

« Les négociations sont en cours au niveau de l'UE », a indiqué une source française. Selon elle, il convient de prévoir la capacité du système bancaire à opérer la sortie du système des banques visées, procédure qui suppose « des délais ». Elle a rappelé qu'une telle mesure était « exceptionnelle », car elle n'a été utilisée que deux fois depuis les années 1970 : vis-à-vis de la Corée du Nord et de l'Iran. Même s'il existe des mécanismes alternatifs, l'exemple iranien montre que, quand des banques sont exclues du système Swift, cela a « quasiment mis fin aux transactions », a noté cette source de Bercy.

Mercredi, les ministres des Finances de l'UE se réuniront en visioconférence pour poursuivre l'exercice de coordination et évaluer l'impact sur l'économie européenne des sanctions économiques et financières prises.

La Commission européenne présentera ses orientations pour l'élaboration des projets de budget 2023 des États membres. Face à l'incertitude créée par la guerre à la frontière Est de l'UE et au risque accru d'une inflation dopée par les prix énergétiques, des questions se posent à nouveau sur le retour de l'application du Pacte de stabilité et de croissance.

La clause dérogatoire du Pacte avait été activée pour répondre à l'arrêt de l'économie européenne au déclenchement de la pandémie au printemps 2020 et doit être désactivée début 2023. 

« Je ne pense pas qu'on soit, du tout, dans une situation identique », a fait valoir une deuxième source française. Elle n'a pas exclu « des conséquences » négatives de l'invasion russe sur la croissance européenne. Toutefois, ces répercussions interviendraient sur « des fondamentaux sains et une économie européenne en phase de reprise ».

En revanche, une réflexion pourrait s'ouvrir au niveau européen sur la création d'un fonds permettant d'aider les pays européens à faire face à la crise énergétique. (Mathieu Bion)

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