Les eurodéputés ont réclamé, jeudi 24 février, l’imposition de sanctions lourdes à la Russie, entrée en guerre contre l’Ukraine, lors d’un débat organisé par la commission des affaires étrangères et la sous-commission ‘sécurité et défense’ du Parlement européen, avec la participation de membres du parlement ukrainien (Verkhovna Rada).
La présidente du PE et les présidents des groupes politiques ont décidé de tenir une session plénière extraordinaire mardi 1er mars pour débattre de l'invasion russe en Ukraine.
« Nous vivons les heures les plus sombres de notre continent, peut-être le pire moment depuis la Seconde Guerre mondiale », a déclaré Josep Borrell, le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, lors du débat avec les députés.
« Une puissance dotée de l’arme nucléaire a lancé une invasion à grande échelle contre un voisin démocratique », a-t-il lancé. Il a évoqué « la menace de représailles nucléaires » qui pèse sur les personnes qui essaient d’aider l’Ukraine. Et le Haut Représentant de « condamner cette attaque barbare, qui n’est pas justifiée ». Il a aussi dénoncé la participation de la Biélorussie à cette guerre. Le paquet de sanctions contre la Russie sera présenté ce jeudi pour adoption, a-t-il rappelé. Il a évoqué des mesures « sectorielles et individuelles ».
Gaz russe. En outre, M. Borrell a évoqué les travaux en cours pour en terminer le plus rapidement possible avec « la dépendance de l’UE à l’égard du gaz russe ». Il faut prendre des mesures technologiques et financières afin de trouver des choix alternatifs d’énergie, renouvelable notamment.
Aide à l’Ukraine. M. Borrell a rappelé que l’UE a débloqué une première aide de 1,2 milliard d’euros en faveur de l’Ukraine. Les eurodéputés ont demandé d’aider davantage Kiev et d’accueillir les réfugiés ukrainiens dans les pays de l’UE.
David McAllister (PPE, allemand), président de la commission des affaires étrangères, a évoqué une décision « injustifiée et condamnable » du président russe, Vladimir Poutine. « Nous ne pouvons pas rester les bras croisés face à cela », a-t-il ajouté.
Il faut appliquer des sanctions contre la Russie et prévoir une aide supplémentaire en faveur de l’Ukraine, a demandé M. McAllister.
Cyberattaques. Nathalie Loiseau (Renew Europe, française) a insisté sur les mesures à prendre pour aider l’Ukraine et l’UE à faire face aux cyberattaques qui se multiplient. Elle souhaite savoir comment StratCom est mobilisé pour débusquer la désinformation russe massive.
Véritables sanctions. Des membres du parlement ukrainien ont regretté les retards dans l’adoption de sanctions contre la Russie.
Ivanna Klympouch-Tsintsadzé a demandé que certains pays de l’UE comme l’Allemagne, Chypre et l’Italie acceptent d’exclure la Russie du système Swift. Kiev est encerclée, les autorités sont attaquées pour renverser le gouvernement ukrainien et le remplacer par des marionnettes qui pourront appliquer le programme du Kremlin, a-t-elle dénoncé.
Il faut agir très rapidement, a estimé Vadym Halaichuk, qui a aussi critiqué les pays de l’UE qui s’opposent à l’exclusion de la Russie du système Swift. Il a demandé également de fermer l’espace aérien aux avions russes.
Witold Waszczykowski (CRE, polonais) a évoqué le besoin frapper la Russie par des sanctions drastiques et de rapprocher l’Ukraine de l’UE.
Michael Gahler (PPE, allemand) a demandé un paquet ambitieux de sanctions, y compris s’agissant de Swift. « Nos amis américains peuvent aussi interrompre American Express, Visa et MasterCard, afin que chaque citoyen russe qui dispose de cette carte se rende compte que quelque chose de non justifié est en cours ». Il a également plaidé pour la fermeture de l’espace aérien aux Russes.
Sven Mikser (S&D, estonien) a réclamé lui aussi des sanctions sévères contre la Russie et a estimé que l’UE devait améliorer sa résilience.
« Il faut que l’UE surmonte ses divisions », a dit Reinhard Bütikofer (Verts/ALE, allemand), qui a dénoncé les ambitions impérialistes de la Russie. « Il faut affaiblir l’économie russe », a-t-il aussi souligné. « Il faut transformer Poutine en paria », a-t-il conclu. (Lionel Changeur)