Alors que l'UE s'apprête à adopter une deuxième salve de sanctions à l'encontre de la Russie, plusieurs représentants d'entreprises européennes s'inquiètent de la possible riposte russe.
« Les entreprises européennes vont porter le fardeau, y compris celles qui commercent avec, ou opèrent en Russie. Dans ce contexte, une orientation rapide et des informations aussi détaillées que possible sur les sanctions économiques, ainsi que des mesures de soutien seront nécessaires pour réduire l'impact », a indiqué BusinessEurope. Pour l’organisation patronale, l’UE doit aussi se coordonner au mieux avec les partenaires internationaux, notamment les États-Unis. Des sanctions claires permettront aux entreprises de faire face au contrecoup économique. L'organisation insiste en outre sur l’anticipation des risques de rupture en énergie et appelle à un effort collectif pour garantir un approvisionnement alternatif dans les plus brefs délais.
La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) craint également les conséquences pour les agriculteurs français. La présidente de l'organisation, Christiane Lambert, a indiqué à la télévision française que les sanctions financières de l'UE contre la Russie « créent un risque énorme de mesures de rétorsion contre les produits de l'UE ».
En 2014, la Russie avait décidé d'un embargo sur un grand nombre de produits agricoles européens, entraînant une baisse des exportations vers la Russie, en France notamment.
Les sanctions européennes en matière de commerce
D'après un document obtenu par EUROPE avant la réunion des chefs d'État et de gouvernement, jeudi soir, l'UE veut imposer des restrictions supplémentaires sur l'exportation de biens à double usage (biens pouvant avoir un usage civil et militaire) et de produits de haute technologie. Des restrictions renforcées s'appliqueraient à ces exportations, non plus seulement quand elles sont destinées à un usage militaire, mais pour tous les utilisateurs finaux. Des interdictions d'exportation pour les biens à double usage avaient déjà été imposées envers la Russie en 2014.
L'UE prévoit également de contrôler davantage l'exportation dans les secteurs de l'électronique, l'informatique, les télécommunications, la sécurité de l'information, les capteurs et lasers et les applications marines. À l'heure où nous écrivons ces lignes, la deuxième série de sanctions n'a pas encore été approuvée.
Mardi, les oblasts de Donetsk et Louhansk ont déjà été visés par des mesures commerciales. Il est désormais interdit d'importer tout produit originaire de ces régions. Les Européens ne peuvent plus non plus y exporter certains biens critiques et services dans les secteurs du tourisme, des transports, des télécommunications, de l'énergie, de l'exploration, de l'exploitation, de la production de pétrole, de gaz, de ressources minérales, etc.
Voir le document interne détaillant la deuxième série de sanctions qui devraient être adoptées : https://aeur.eu/f/i3 (Léa Marchal et Pascal Hansen)