Le commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni, a cherché le point d'équilibre, jeudi 24 février, entre la nécessité pour les États membres de l'Union européenne de parvenir, « graduellement et de façon réaliste », à un assainissement des finances publiques pour résorber la dette publique accumulée depuis la crise financière de 2008 et lors de la pandémie de Covid-19, et celle de dégager les marges de manœuvre budgétaires pour stimuler les transitions écologique et technologique nécessaires pour parvenir à l'objectif de neutralité climatique en 2050.
« Il est clair que la croissance durable est la meilleure façon de garantir une dette soutenable, et cela doit être un élément central de toute réforme » du Pacte de stabilité et de croissance, a-t-il estimé lors de la conférence EUROFI à Paris.
Le commissaire a confirmé que la Commission présenterait, mercredi ou jeudi prochain, des orientations pour les politiques budgétaires des États membres pour 2023. Ce document tiendra compte de « l'incertitude accrue qui assombrit l'horizon économique en tant que conséquence de l'attaque russe de l'Ukraine », a-t-il estimé.
Ces orientations guideront les États membres dans l'élaboration de leur projet de budget pour l'année prochaine sur la période entre le rétablissement de l'application du Pacte, début 2023, et la mise en place de nouvelles règles budgétaires pour lesquelles des propositions, peut-être législatives, seront proposées avant l'été.
La Commission estime que 650 milliards d'euros d'investissements seront nécessaires chaque année d'ici à 2030, dont 520 milliards pour la transition verte et 125 milliards pour la transition numérique. (Mathieu Bion)