Faire en sorte que l'Union européenne - premier donateur d'aide au développement et d'aide humanitaire dans le monde - fasse preuve d'ambition pour conserver cette place et le faire savoir est de la première importance, a souligné le ministre français délégué auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, mardi 1er février, devant les députés de la commission du développement (DEVE) du Parlement européen.
« L'UE est le premier bailleur au monde. Nous devons continuer de le marteler auprès des partenaires qui font l'objet de nombreuses offres de la part de nouveaux bailleurs, qui ont des visées géostratégiques, voire prédatrices. Il s'agit pour nous de bien repenser nos modalités d'action et notre communication », a-t-il déclaré en présentant les priorités thématiques de la Présidence française pour le soutien de l'UE aux pays tiers en développement.
Afrique. Le sommet UE/Union africaine des 17 et 18 février à Bruxelles permettra « une rénovation en profondeur du partenariat » autour du triptyque 'Prospérité, sécurité, mobilité' (EUROPE 12880/2, 12866/2).
Un travail préparatoire est en cours « sur l'investissement économique, les infrastructures, la solidarité vaccinale, la transition énergétique, les volontariats réciproques ». M. Lemoyne a indiqué que la prospérité économique passe notamment par « une nouvelle donne économique et financière » nécessitant une réallocation des droits de tirage spéciaux en faveur des pays en développement fortement éprouvés par l'impact de la crise de la Covid-19, mais aussi par « une offre européenne d'investissement visible ».
'Une offre attractive' de projets concrets. La Présidence française aura aussi à accompagner la mise en œuvre de l'instrument financier NDICI - L'Europe dans le monde (Global Europe) et de l'approche commune entre l'UE, ses États membres et ses institutions financières ('Team Europe') pour des projets concrets sur le terrain.
« Nous partageons fondamentalement l'objectif du renforcement du pilotage géopolitique de l'action extérieure de l'Union européenne », a précisé M. Lemoyne au nom de la Présidence française.
Selon lui, avec 80 milliards d'euros pour 2021-2027 et les prêts et garanties du Fonds européen de développement durable EFSD+, « nous avons des atouts pour formuler une offre attractive, qui réponde aux défis des pays partenaires pour les aider à atteindre les objectifs de développement durable dans tous les domaines ».
Parmi les quelque 150 initiatives à mettre en œuvre et « qui vont permettre à l'UE de gagner en visibilité sur le terrain avec des projets concrets de grande envergure », il a cité celle qui vise à « renforcer la production locale de vaccins en Afrique » et l'initiative 'Young business in Africa' « pour aider les jeunes entrepreneurs et les jeunes pousses ».
La santé mondiale. Détaillant cette priorité, M. Lemoyne a souligné qu'au niveau international, la Présidence française travaillera « sur la gouvernance de la santé mondiale, la réforme de l'OMS, le Traité sur les pandémies » (EUROPE 12844/2).
Le climat, la biodiversité, l'environnement sont également des priorités, « avec la volonté d'une mise en œuvre ambitieuse du Pacte vert européen » dans sa dimension extérieure.
Parmi les autres priorités, le ministre a cité : - l'éducation et l'égalité entre les femmes et les hommes ; - le renouvellement du partenariat avec les pays les moins avancés, dans la perspective de la cinquième conférence des Nations Unies, qui devait se tenir fin janvier et dont la date n'a pas encore été arrêtée après son report.
Le forum humanitaire européen, qui se tiendra sous Présidence française, mettra l'accent sur les besoins croissants dans le monde - une priorité saluée par le président de la commission parlementaire, Tomas Tobé (PPE, suédois).
Et l'Accord post-Cotonou ? S'agissant de la finalisation de l'Accord post-2020 modernisé entre l'UE et l'organisation des pays ACP - une priorité pour les eurodéputés qui s'impatientent (EUROPE 12859/26) -, le ministre, interrogé à ce sujet, a formulé l'espoir qu'elle puisse intervenir sous Présidence française.
« Nous aurons à cœur de faciliter la conclusion. Il est important, après avoir atteint un accord avec les partenaires, qu'au sein de l'Union européenne, nous puissions aussi aboutir », a-t-il estimé. (Aminata Niang)