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Bulletin Quotidien Europe N° 12835
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Paiements

Si nous ne répondons pas à la demande de moyens de paiement numériques, d'autres le feront, souligne Fabio Panetta

Le membre du Directoire de la Banque centrale européenne (BCE) chargé du projet d'euro numérique, Fabio Panetta, a détaillé les enjeux entourant la création, à l'horizon 2026, d'une monnaie banque centrale numérique, jeudi 18 novembre en commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen (EUROPE 12762/17).

Si nous ne répondons pas à la demande de moyens numériques de paiement, « d'autres émergeront et combleront le vide », a considéré M. Panetta. Il a cité l'entrée sur le marché des géants technologiques et des émetteurs de cryptoactifs, dont la valorisation dépasse désormais celle des actifs titrisés avant la crise financière de 2008, avec les risques pour la stabilité financière qu'ils comportent.

De cette manière, il a justifié la création d'un euro numérique qui pourrait être utilisé pour tout type de paiements. Il a cité d'autres arguments comme l'adaptation nécessaire à la nouvelle réalité des paiements en Europe, marquée par une diminution des transactions en monnaie physique, la recherche d'une indépendance européenne accrue alors que les prestataires de pays tiers réalisent 70% des transactions par carte dans l'UE, le lancement de services innovants ainsi que le respect de la vie privée des usagers.

« La BCE n'a pas d'intérêt commercial à vendre les données des usagers. Donc, un euro numérique améliorerait le bien-être des citoyens en leur donnant la possibilité d'utiliser une forme de monnaie numérique qui protège leur vie privée », a indiqué M. Panetta.

En réponse à une question d'Ondřej Kovařík (Renew Europe, tchèque), le banquier central a souligné l'importance de fournir une monnaie numérique qui réponde à un besoin en termes de sécurité et de coûts minimes de transaction, sans chambouler l'environnement actuel. L'objectif n'est pas de faire disparaître l'argent liquide ni la monnaie commerciale que fournissent les banques, a dit M. Panetta.

Afin d'éviter que les usagers transfèrent leurs dépôts vers la BCE, deux types de « contraintes » pourraient être imposées : - limiter à la phase de démarrage (1 an ?) la rémunération de comptes en monnaie banque centrale numérique avant d'instaurer des pénalités à partir de certains montants détenus ; - l'imposition de plafonds dans la détention d'euros numériques et/ou de limites dans le nombre de transactions réalisables.

Eero Heinäluoma (S&D, finlandais) a demandé comment l'Initiative européenne pour les paiements, initiative privée d'une trentaine de banques de sept États membres, s'imbrique dans le projet d'euro numérique (EUROPE 12829/4).

Je viens d'écrire aux promoteurs de cette initiative pour leur confirmer « notre soutien » et nous souhaiterions que les dix-neuf pays de la zone euro et que toutes les banques européennes y participent, a indiqué M. Panetta. (Mathieu Bion)

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