La représentante américaine au Commerce, Katherine Tai, a indiqué à EUROPE être « optimiste » quant à la résolution du conflit concernant les tarifs douaniers de la section 232 sur l'acier et l'aluminium avant le 1er décembre. Elle s'exprimait lors d'une rencontre avec quelques journalistes, à Bruxelles jeudi 21 octobre.
Le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, avec qui elle négocie, avait rappelé, fin septembre, le peu de temps restant pour parvenir à une solution (EUROPE 12802/15).
« Les discussions sont intenses et c'est une bonne chose », a-t-elle affirmé. La veille, elle avait participé à un dîner de travail sur ce sujet, notamment avec M. Dombrovskis.
Selon une source européenne, il reste encore un peu de chemin à parcourir pour arriver à un accord. Les deux négociateurs se retrouveront d'ailleurs à Londres dès jeudi jusqu'à vendredi à l'occasion du G7 'Commerce'. Les négociations autour des tarifs de la section 232 devraient se poursuivre à ce moment-là.
Problème de surcapacité
Si un accord semble si complexe à trouver, c'est que les positions sont encore assez tranchées des deux côtés sur l'existence de ces tarifs mis en place en 2018.
« Il faut bien garder en tête que la raison pour laquelle les tarifs de la section 232 sont toujours en place est qu'ils répondent à un problème global de surcapacité, qui fausse le commerce de l'acier depuis plus de dix ans », d'après Mme Tai.
Il s'agit même d'une mesure « qui a un effet positif sur l'industrie et les travailleurs aux États-Unis », selon un haut fonctionnaire de l'administration américaine.
Côté européen, on estime que ces tarifs devraient être supprimés. M. Dombrovskis avait cependant déclaré cet été être prêt à explorer d'autres solutions que la levée complète des tarifs.
Mme Tai n'a pas précisé s'il s'agissait désormais de négocier des contingents tarifaires, la suppression des tarifs ou tout autre type de mesure. « C'est une négociation bien plus multiforme ».
« La question est désormais : peut-on collaborer avec l'UE et reconnaître que nos marchés, nos entreprises et nos travailleurs sont affectés négativement des deux côtés par ce problème de surcapacité mondiale ? », a-t-elle indiqué. (Léa Marchal)