Les ministres de la Défense des pays membres de l'OTAN se réuniront jeudi 21 et vendredi 22 octobre, à Bruxelles, pour une réunion à l’agenda chargé.
Ils devraient notamment se mettre d’accord sur les objectifs à atteindre en termes de capacités terrestres, maritimes ou encore cybernétiques, a expliqué le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, en présentant le programme de la réunion.
L’Alliance lancera en outre son Fonds d’innovation. Ce fonds devrait investir un milliard d'euros et soutiendra le développement de technologies émergentes et perturbatrices à double usage, dans des domaines essentiels pour la sécurité des Alliés.
Les ministres devraient aussi se mettre d'accord sur la toute première stratégie en matière d'intelligence artificielle « afin de l'intégrer dans des domaines tels que l'analyse des données, l'imagerie et la cyberdéfense, et d'énoncer les principes d'une utilisation sûre et responsable, conformément au droit international », selon M. Stoltenberg.
Russie. La réunion devrait également revenir sur les relations avec la Russie, alors que Moscou a annoncé, le 18 octobre, la fermeture de sa mission auprès de l’OTAN et des bureaux de l’Alliance en Russie (EUROPE 12814/26). « Nous regrettons cette décision qui ne favorise pas le dialogue et la compréhension mutuelle. (…) Nous restons ouverts au dialogue, notamment dans le cadre du Conseil OTAN-Russie », a réagi le secrétaire général, précisant que l’offre d’un tel conseil était toujours sur la table. « Les relations entre l'OTAN et la Russie sont aujourd'hui à leur point le plus bas depuis la fin de la guerre froide. Pour nous, ce n'est pas un argument contre le dialogue », a jugé M. Stoltenberg.
« Dans le même temps, nous continuerons d'évaluer comment nous pouvons renforcer encore notre dissuasion et notre défense », a-t-il prévenu. Les Alliés vont notamment examiner les progrès réalisés dans leur réponse au défi posé par les systèmes de missiles à capacité nucléaire de la Russie. Ils se réuniront également dans le cadre du groupe des plans nucléaires, afin de discuter de « la manière de préserver la sûreté, la sécurité et l'efficacité de notre dissuasion nucléaire tout en restant attachés au contrôle des armements ».
Afghanistan. Quelques semaines après le retrait de leurs troupes d’Afghanistan, les ministres discuteront de la situation dans le pays et « de la manière dont nous pouvons faire en sorte que les terroristes ne puissent pas utiliser ce pays comme refuge », a expliqué M. Stoltenberg.
Selon lui, les Alliés tiendront les talibans pour responsables de leurs engagements en matière de lutte contre le terrorisme, de droits de l'homme et de sécurité du passage, et la communauté internationale dispose d'un moyen de pression économique et diplomatique sur eux. Il a précisé que le retour des talibans était une « tragédie pour les Afghans ». « Les Alliés sont très inquiets des développements en Afghanistan, en particulier concernant les droits des femmes », a souligné M. Stoltenberg. Il a également prévenu que « les Alliés ont les moyens de frapper de loin les menaces terroristes ».
Comme annoncé, l’OTAN a lancé une évaluation de son action dans le pays et les ministres de la Défense devraient s’engager, pour la première fois, dans le processus des leçons apprises, selon M. Stoltenberg, tout en précisant qu’il était trop tôt pour tirer des conclusions.
Union européenne. Vendredi, rejoints par leurs homologues finlandais, suédois et par le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, les ministres feront le point sur la coopération entre l’Alliance et l’UE, alors qu’une nouvelle déclaration commune est attendue pour la fin de l’année. « Nous allons discuter de ce que nous pouvons faire de plus ensemble à une époque de concurrence mondiale », a expliqué M. Stoltenberg.
Par ailleurs, une réunion de la coalition anti-Daech se tiendra en marge de la ministérielle de l’OTAN. (Camille-Cerise Gessant)