La Commission européenne a adopté, mercredi 29 septembre, une communication sur les nouvelles « missions de l’UE ». Un concept présenté par la commissaire à l’Innovation, Mariya Gabriel, comme « l’une des grandes nouveautés du programme européen pour la recherche, Horizon Europe » et comme une « toute nouvelle manière de travailler ».
La Commission a défini, au total, cinq grandes missions, dotées chacune d'un objectif précis à atteindre d'ici 2030.
Dans le cadre de la première mission, la Commission devra aider au moins 150 régions et communautés européennes à se préparer à faire face aux perturbations climatiques (conditions météorologiques extrêmes, incendies, maladies infectieuses).
La seconde mission devra permettre « d’améliorer » la vie de plus de trois millions de personnes atteintes du cancer, en travaillant à la fois sur les volets 'prévention' et 'guérison' de la maladie et au développement de solutions pour améliorer leur qualité de vie ou encore l’accès aux soins dans toute l'UE.
La troisième mission visera à protéger les écosystèmes aquatiques et la biodiversité de 30% de la zone maritime de l’UE et de 25 000 km de fleuves ou rivières – en réduisant notamment de 50% les déchets plastiques en mer.
Avec la quatrième mission, la Commission soutiendra au moins 100 villes dans leur ambition à devenir climatiquement neutres et à la pointe de l’innovation. L'objectif étant ensuite que toutes les autres leur emboîtent le pas d’ici 2050.
Enfin, la cinquième mission, consacrée à l'assainissement des sols, devra déboucher sur la création de 100 territoires européens œuvrant à la protection et à la restauration des sols.
Mise en œuvre
S'agissant toutefois de la mise en place concrète de ces missions, tout reste à faire. La Commission jouera ici un rôle de coordination.
L'institution a nommé un responsable pour chaque mission, issu de ses rangs, et mis en place des bureaux (« Mission Boards ») dont les membres seront sélectionnés dans le cadre d’un appel à manifestation, annoncé pour l’automne 2021.
Le défi pour ces bureaux sera ensuite de réussir à mobiliser des acteurs susceptibles d’œuvrer sur le terrain : les gouvernements nationaux, en premier lieu, leurs autorités régionales et locales, et avec elles les instituts de recherche, les agriculteurs, les entrepreneurs, les investisseurs, etc.
« Mobiliser les États membres est le premier des défis qui attend la Commission », a réagi un haut fonctionnaire européen, précisant que cela impliquerait « un travail au niveau des ambassadeurs, du Conseil de l’UE et de ses différents groupes de travail ».
La commissaire Gabriel a ainsi profité de la tenue, la veille, d'une réunion des ministres de la Recherche (EUROPE 12800/4) pour attirer leur attention sur le sujet.
« Les responsables des Missions Boards et ceux qui les composeront viendront de toute l’Union », ce qui devrait aider à faire passer le mot, a estimé le même haut fonctionnaire, ajoutant que le Comité des régions aurait également un rôle clé à jouer.
Financements
Et à ces acteurs, la Commission devra fournir les ressources nécessaires sur le plan règlementaire, mais aussi, en partie, sur le plan financier.
« En partie », car des financements devront également être trouvés par les acteurs mobilisés auprès de sources nationales et régionales, indique la Commission.
Pour l'heure, aucun budget n’a été arrêté pour chacune des missions. « Celui-ci sera déterminé par l’ampleur du défi », précise-t-elle.
Seule certitude : au niveau européen, un maximum de 10% du budget annuel consacré au pilier II du programme Horizon Europe (pilier doté de 53 milliards d’euros en prix courants pour sept ans) sera mis à disposition des travaux de recherche et d’innovation menés dans le cadre des missions. Et ce, pendant les trois années à venir uniquement.
« Concrètement, cela signifie que la Commission mettra à disposition 1,9 milliard d'euros du programme Horizon Europe pour la période 2021-23 afin de commencer la mise en œuvre des cinq missions », précise l’institution.
L'autre grand défi qui l'attend sera enfin, à compter d'aujourd'hui, d'attirer l'attention des citoyens européens sur le projet.
Pour consulter la communication : https://bit.ly/3kR9Swy (Agathe Cherki)