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Bulletin Quotidien Europe N° 12795
ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

Affaire des sous-marins australiens, les Européens apportent leur soutien à la France

Les dirigeants européens ont apporté, lundi 20 septembre depuis New York, leur soutien à la France, qui s’est vu annuler un contrat de 56 milliards d’euros avec l’Australie, en parallèle de l’annonce d’une nouvelle alliance défensive entre Canberra, Washington et Londres (AUKUS) (EUROPE 12792/1).

Lors d’une réunion informelle en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, les ministres des Affaires étrangères des pays de l'UE ont exprimé « clairement leur solidarité à l'égard de la France », « un soutien clair », a souligné le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, à l’issue de la rencontre. Selon lui, « il ne s'agit pas d'une question bilatérale, mais d'une question qui concerne tout le monde ».

Le Haut Représentant a estimé que l’annonce d’AUKUS allait à l’encontre de l'appel à une plus grande coopération dans le cadre de la stratégie indo-pacifique, regrettant le manque de consultation préalable et l’exclusion de partenaires européens qui ont une forte présence dans le Pacifique, comme c’est le cas pour la France. Il a ajouté qu’il fallait tenir compte de l'impact des derniers évènements sur les relations avec l'Australie et les États-Unis.

Plus tôt dans la journée, M. Borrell s’était entretenu avec la ministre des Affaires étrangères australienne, Marise Payne. Lors de la rencontre, ils sont convenus de s'efforcer de surmonter les difficultés créées par les évènements récents.

Dans une interview accordée à CNN, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié le traitement de la France d’inacceptable. « « L'un de nos États membres a été traité d'une manière qui n'est pas acceptable. Nous voulons savoir ce qui s'est passé et pourquoi. Il faut d'abord clarifier cela avant de continuer à faire comme si de rien n'était », a-t-elle estimé.

De son côté, le président du Conseil européen, Charles Michel, a jugé que « les principes élémentaires des alliés sont la transparence et la confiance, ça va ensemble ». « Nous observons un manque évident de transparence et de loyauté ! », a-t-il ajouté, soulignant que les Européens devaient clarifier et essayer de mieux comprendre quelles sont les intentions derrière l’annonce du partenariat AUKUS. Lors d'une réunion avec le Premier ministre australien, Scott Morrison, M. Michel a rappelé qu'« il sera important pour Canberra de s'engager avec l'UE et ses États membres pour construire de la confiance et un partenariat solide ».

À son arrivée au Conseil 'Affaires générales', le secrétaire d’État français aux Affaires européennes, Clément Beaune, a salué le soutien reçu, rappelant que la rupture de contrat était une « grave rupture de confiance ». « On n'est pas dans un monde gentil, facile, et les Européens doivent être fermes et unis », a-t-il ajouté.

S'agissant des liens commerciaux à venir entre l'UE et l'Australie, M. Beaune a répété, avant sa rencontre avec ses homologues à Bruxelles, que les discussions ne pouvaient pas continuer comme si rien ne s'était passé. 

À la Commission européenne, non seulement les prochaines négociations de l'accord commercial avec l'Australie sont remises en cause, mais la tenue de l'inauguration du Conseil UE-États-Unis pour le commerce et les technologies l'est aussi. Celle-ci doit, en principe, se tenir le 29 septembre à Pittsburgh. Ce point a toutefois été retiré de l'agenda des discussions des ambassadeurs des États membres auprès de l'UE pour leur réunion préparatoire du 22 septembre. 

De la même manière que pour les négociations de l'accord commercial avec l'Australie (EUROPE 12794/9), la Commission européenne « est en train de chercher des informations et d'analyser les conséquences de l'annonce de l'alliance AUKUS et son possible impact sur la date du 29 septembre », a déclaré le porte-parole Eric Mamer. Il n'a pas précisé quand la décision de la Commission interviendrait.

Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, pour sa part, a exprimé sa déception envers les États-Unis en des termes forts, lors d'une intervention à l'Atlantic Council à Washington, le 21 septembre. « J'entends des États membres, des voix dans l'UE qui disent qu'on aurait peut-être besoin d'une pause dans nos relations après ce qu'il s'est passé en Afghanistan, après l'alliance AUKUS. C'est une réalité politique », a-t-il répété.

Enfin, à l'issue du Conseil 'Affaires générales', le vice-président de la Commission, Maroš Šefčovič, a estimé qu'après Kaboul et AUKUS, « nous devons nous concentrer davantage sur l'autonomie stratégique » de l'UE. (Camille-Cerise Gessant et Léa Marchal)

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