Le Conseil de l’UE a rappelé, mardi 21 septembre, que l’engagement de l’UE envers l’Afghanistan dépendrait des actions du gouvernement afghan (EUROPE 12783/1).
« L'engagement opérationnel de l'UE et de ses États membres (...) sera soigneusement calibré en fonction des politiques et des actions du cabinet intérimaire nommé par les talibans », souligne le Conseil, ajoutant qu’il ne confère « aucune légitimité » à ce gouvernement. De manière coordonnée, l'UE et ses États membres utiliseront tous les outils disponibles pour suivre de près l'évolution de la situation et y répondre.
Selon le Conseil, une présence minimale sur le terrain faciliterait le suivi de la situation humanitaire et l'acheminement de l'aide et elle pourrait coordonner et soutenir le départ des citoyens européens, s'occuper des questions consulaires et gérer le libre passage des Afghans qui pourraient être accueillis dans les États membres. Devant la presse, le 20 septembre, le Haut Représentant de l'UE, Josep Borrell, a précisé que l’UE continuait à travailler sur une telle présence.
Pour le Conseil, les talibans doivent en outre mettre en place un gouvernement inclusif et représentatif par le biais de négociations. « Il s'agit d'une condition essentielle pour une paix durable et la stabilisation du pays et de la région », estime-t-il, s'inquiétant de la participation au cabinet intérimaire de personnes sanctionnées par le Conseil de sécurité des Nations unies.
Rappelant que le respect de tous les droits de l'homme, en particulier les droits des femmes et des filles, celui de l'État de droit et de la liberté d'expression et des médias étaient des points de référence pour les relations entre l’UE et les talibans, le Conseil condamne fermement le recours des talibans à la violence et à l'intimidation. « Il convient de veiller à ce que les auteurs de violations des droits de l'homme et d'abus ainsi que de violations du droit international aient à répondre de leurs actes », prévient le Conseil. Et d'ajouter que le soutien de l'UE dépendra du respect des droits de l'homme.
La mise en œuvre d'opérations humanitaires en Afghanistan est une autre condition pour les relations. « Les talibans doivent respecter l'indépendance des opérations humanitaires et garantir à tout le personnel humanitaire, y compris les femmes, un accès sûr et sans entrave à l'ensemble du territoire. La sécurité des bénéficiaires de l'aide doit être assurée et tous doivent avoir un accès libre et sans entrave aux services d'aide », prévient le Conseil.
Les talibans doivent également empêcher que le pays serve de base pour accueillir, financer ou exporter le terrorisme et tous les efforts doivent être poursuivis pour qu’ils cessent tout lien direct ou indirect avec le terrorisme international.
Le Conseil rappelle également la nécessité d’une forte coordination avec les partenaires internationaux et estime que l'UE doit lancer « de manière hautement prioritaire » une plateforme politique régionale de coopération avec les voisins directs de l'Afghanistan.
Le Conseil des Affaires étrangères reviendra sur cette question le 18 octobre.
Voir les conclusions : https://bit.ly/3hVimRI (Camille-Cerise Gessant)